Les satoshis (SATs) sont la plus petite unité de Bitcoin, et leur importance s’est accentuée à mesure que le prix du Bitcoin a augmenté au fil des années. De la même manière qu’un dollar américain est divisible en 100 cents, chaque Bitcoin (BTC) est divisible en 100 000 000 satoshis. Autrement dit, 1 SAT = 0,00000001 BTC. Cette divisibilité fine rend le Bitcoin pratique pour les microtransactions et la comptabilité, même si le prix par coin est élevé. Par exemple, posséder 0,1 BTC équivaut à 10 000 000 SATs. Aux niveaux de prix de Bitcoin attendus en 2025, même une fraction de coin peut représenter plusieurs milliers de dollars, raison pour laquelle les SATs font désormais partie du vocabulaire courant de la crypto. Cet article explore l’origine de l’unité satoshi, pourquoi elle est nécessaire, comment calculer et convertir les satoshis, et comment ils sont utilisés en pratique – des frais de transaction à l’expression des valeurs des altcoins. Nous vous mettons également à jour sur le contexte le plus récent (à novembre 2025) concernant les SATs et la croissance du Bitcoin.

Origine de l’unité Satoshi
Le terme « satoshi » provient du créateur mystérieux du Bitcoin, Satoshi Nakamoto, et rend hommage à la personne (ou au groupe) ayant créé le protocole Bitcoin. Dans le whitepaper fondateur du Bitcoin intitulé “Bitcoin: A Peer-to-Peer Electronic Cash System”, publié en octobre 2008, Satoshi Nakamoto y décrit une monnaie numérique décentralisée et pose implicitement les bases de la divisibilité du Bitcoin. Lorsque la blockchain Bitcoin a été lancée en janvier 2009, le logiciel a défini la plus petite unité de Bitcoin comme étant 1 satoshi, soit un cent-millionième de BTC.
Pourquoi une divisibilité aussi extrême ? C’était en partie pour garantir qu’à mesure que la valeur du Bitcoin augmenterait, il resterait utilisable pour de très petites transactions (microtransactions) et pour mesurer des quantités infimes. Satoshi Nakamoto a intégré dans le code l’idée de gérer les montants en unités de base (satoshis), même si les interfaces utilisateur affichent des décimaux en BTC. En réalité, dans le code et la blockchain du Bitcoin, les montants sont presque toujours comptabilisés en satoshis (“base units”), et non en bitcoins entiers. Cette approche permet d’éviter les erreurs d’arrondi dues aux flottants et assure un comptage précis de chaque fraction de coin.
Historiquement, le bloc genesis (premier bloc) du Bitcoin contient un artefact liant la création du Bitcoin à des événements réels : Satoshi Nakamoto y a inscrit la phrase “The Times 03/Jan/2009 Chancellor on brink of second bailout for banks” dans le Genesis Block. Cela faisait référence à la une d’un journal ce jour-là, interprétée comme un marqueur temporel autant qu’un commentaire sur la politique monétaire (en opposant l’offre fixe du Bitcoin aux plans de sauvetage des banques de 2008–2009). La récompense de ce premier bloc était de 50 BTC – soit 5 000 000 000 SATs – preuve que dès le début, Satoshi réfléchissait en satoshis pour l’implémentation technique.
Satoshi Nakamoto a continué à contribuer au développement de Bitcoin jusqu’en 2010, échangeant avec les premiers utilisateurs notamment sur les forums comme Bitcointalk. Au moment où Satoshi a disparu de la communauté (dernier message connu en avril 2011), la convention d’utiliser « BTC » pour désigner 1 bitcoin et « satoshi » pour la plus petite unité était déjà bien établie. Par la suite, la communauté a abrégé satoshi en « SAT » ou « SATs » au pluriel, en hommage au créateur. On entend souvent les passionnés de crypto parler de « stacker des sats », c’est-à-dire accumuler du Bitcoin, même par petites quantités.
Bitcoin Genesis Block (source)
Pourquoi les Satoshis sont-ils nécessaires ?
À mesure que le prix du Bitcoin a explosé, traiter seulement en bitcoins entiers est devenu impraticable pour beaucoup d’usages. Les satoshis (SATs) sont essentiels pour permettre de petites transactions et mesures sur le réseau Bitcoin. Voici pourquoi les SATs sont importants :
- Accessibilité : Avec le Bitcoin autour de 100 000 $, un satoshi vaut environ 0,001 $. Exprimer des prix en SATs, comme une tasse de café à 50 000 SATs, est plus intuitif que d’utiliser des décimales en BTC.
- Frais de transaction : Les frais sont généralement calculés en satoshis au niveau du protocole. Par exemple, un frais peut être de 10 SATs par vByte, ce qui est plus lisible pour l’utilisateur qu’une fraction de BTC. En période de congestion, ces frais peuvent grimper rapidement.
- Comparaison de valeurs entre cryptos : Les traders expriment souvent la valeur des altcoins en SATs, facilitant la comparaison. Dire « Dogecoin vaut 250 SATs » est plus simple qu’en BTC. Cela renforce le Bitcoin comme référence de valeur, les SATs jouant ainsi un rôle équivalent aux centimes ou pences vis-à-vis de leur devise principale.
- Micropaiements & Layer 2 : Grâce aux solutions de seconde couche comme le Lightning Network, les transactions de petits montants (même quelques satoshis) deviennent rapides et efficaces. Les canaux Lightning peuvent acheminer des paiements dès 1 satoshi (et même des « millisats » hors chaîne). Pour des usages comme le pourboire, les jeux ou l’IoT, envoyer 500 sats (moins qu’un centime) prend tout son sens. Les satoshis rendent ces micro-transactions possible.
En résumé, les satoshis sont indispensables pour garder le Bitcoin utilisable et pertinent à mesure qu’il se développe. Si un jour le Bitcoin atteint 1 million de dollars, exprimer prix ou frais en BTC donnerait des nombres complexes (0,0000X…) alors qu’en SATs, ce serait beaucoup plus direct. Certains envisagent même le jour où « 1 sat = 1 cent » si la valeur du Bitcoin grimpe suffisamment. Même si cela reste de la spéculation, cela montre que les SATs créent le pont entre la valeur globale du Bitcoin et les microtransactions du quotidien.
Prix de l’Ethereum libellé en SATs (source)
Dénominations et symboles du Bitcoin
Si « bitcoin » (BTC) et « satoshi » (SAT) sont les unités principales, la communauté a proposé d’autres dénominations. En 2015, le Bitcoin a reçu un code devises ISO (XBT ou BTC) et des sous-unités comme le millibitcoin (mBTC) et le microbitcoin (μBTC) :
- 1 mBTC (millibit) = 0,001 BTC (un millième de BTC) = 100 000 SATs
- 1 μBTC (microbitcoin ou « bit ») = 0,000001 BTC (un millionième de BTC) = 100 SATs
En théorie, mBTC ou μBTC pourraient être utilisés comme on utilise dollars et centimes (ex : « j’ai envoyé 5 mBTC »). Mais en pratique, ces unités n’ont jamais été aussi adoptées que les satoshis. À mesure que le prix du Bitcoin a augmenté, la communauté s’est tournée vers les SATs, sans doute parce qu’ils sont des unités entières (“1000 SATs” semble plus clair que “0,00001000 BTC” ou “10 μBTC”). C’est aussi une question de culture : “stacker des sats” est devenu un mème encourageant l’épargne en Bitcoin par petites quantités.
Un autre point touche au symbole. Le Bitcoin possède son symbole universel (₿), mais il n’existe pas encore de symbole unicode officiel pour les satoshis. Applications et sites utilisent simplement « SAT » ou « sats ». Des symboles communautaires ont été proposés (type S stylisé, B inversé, etc.) mais rien ne s’est imposé. Étant donné le rayonnement mondial de Bitcoin, il faudra probablement un consensus de la communauté ou une proposition officielle pour fixer un symbole. En attendant, « SAT » reste le standard de facto.
Pour éviter toute confusion, il est crucial de préciser l’unité utilisée en discutant de valeurs en Bitcoin. Dire « j’ai 50 000 » pourrait signifier 50 000 BTC (fortune colossale) ou 50 000 SATs (soit seulement 0,0005 BTC). Toujours préciser BTC ou SAT. De manière générale, utilisez SATs pour les petits montants ou aspects techniques (comme les frais, les cours des altcoins…), et BTC pour les montants importants ou la discussion du prix.
Conversion de satoshis en Bitcoin (source)
Calculer et convertir les Satoshis
Calculer des satoshis est très simple, il s’agit juste d’une conversion décimale. Voici quelques méthodes et exemples :
- De BTC vers SATs : Multipliez le montant de BTC par 100 000 000. Par exemple, 0,005 BTC × 100 000 000 = 500 000 SATs. Si une personne possède 0,028 BTC, cela fait 2 800 000 sats.
- De SATs vers BTC : Divisez le nombre de sats par 100 000 000. Par exemple, 250 000 sats / 100 000 000 = 0,0025 BTC.
- En USD (ou autre fiat) : Utilisez le cours du Bitcoin. Supposons BTC = 100 000 $. Donc 1 sat = 100 000 $/100 000 000 = 0,001 $. Inversement, 1 $ = 1 000 sats à ce prix. Si BTC vaut 50 000 $, alors 1 sat = 0,0005 $, donc 1 $ = 2 000 sats. Plusieurs sites de suivi des prix incluent un convertisseur « satoshi-USD ». Par exemple, le calculateur de Bitcoin Magazine donne le taux en temps réel : pour un BTC à 34 000 $, 1 sat ≈ 0,00034 $.
| Bitcoin (BTC) | Satoshis (SAT) | Équivalent USD (à 60k$/BTC) |
| 1 BTC | 100 000 000 SATs | 60 000 USD |
| 0,1 BTC | 10 000 000 SATs | 6 000 USD |
| 0,01 BTC | 1 000 000 SATs | 600 USD |
| 0,001 BTC | 100 000 SATs | 60 USD |
| 0,0001 BTC | 10 000 SATs | 6 USD |
| 0,00001 BTC | 1 000 SATs | 0,60 USD |
| 0,000001 BTC | 100 SATs | 0,06 USD |
| 0,0000001 BTC | 10 SATs | 0,006 USD |
| 0,00000001 BTC | 1 SAT | 0,0006 USD |
(Le calcul ci-dessus suppose un BTC à 60 000 $. Si le prix double, la valeur du SAT en dollar double aussi : par exemple, à 120 000 $/BTC, chaque SAT vaudrait 0,0012 $.)
Pour faire partie du top 1 % des détenteurs de Bitcoin, il suffirait de 0,28 BTC (28 000 000 SATs), selon l’offre limitée de Bitcoin et la population mondiale. La distribution réelle reste inégale, mais cela motive à « stacker des sats ». En 2021, 0,28 BTC valait 12 000 $, et en 2025, autour de 28 000 $. Les débutants sont encouragés à se donner pour objectif d’accumuler, par exemple, 1 million de SATs.
Aujourd’hui, de nombreux wallets permettent d’afficher le solde en SATs, et certaines plateformes affichent les prix par défaut en SATs. Des outils comme preev.com facilitent les conversions SAT ↔ BTC ↔ fiat. Avec l’adoption croissante du Bitcoin, il est probable que la tarification en SATs se démocratise, surtout dans les pays à monnaie faible.
Utiliser les satoshis dans la vie réelle (transactions et plus encore)
Transactions on-chain : Quand vous envoyez du Bitcoin sur la blockchain, les montants sont en réalité gérés en satoshis. Par exemple, un virement de 0,005 BTC apparaît comme un transfert de 500 000 SATs à l’adresse destinataire. Les mineurs prélèvent des frais en SATs par octet de données (vByte). Ces frais varient selon la congestion du réseau. Lors de pics d’activité (comme la vague des Ordinals en 2023 ou lors d’un bull run), les frais ont pu grimper à plusieurs dizaines ou centaines de satoshis par vByte. Entre avril et mai 2023, l’afflux d’ordinal inscriptions a propulsé le coût moyen, avec parfois des frais de 30 $ (plus de 50 000 SATs). Cela a mis en lumière les limites de scalabilité et l’utilité de réfléchir en satoshis – les utilisateurs évoquaient « 100 sats/byte » pour décrire la situation réseau. En affichant les frais en SATs, chacun peut comparer facilement (ex : un wallet propose 20 sats/vByte pour une confirmation lente, 100 sats/vByte pour du rapide).
Lightning Network et microtransactions : Les satoshis sont particulièrement utiles sur le Lightning Network, qui permet d’envoyer des petits paiements instantanés, quasi sans frais. Un créateur de contenu peut ainsi facturer 500 SATs pour consulter un article : une somme ridiculement faible, rendue efficace via Lightning – alors qu’une telle transaction serait impossible (ou trop chère) en couche 1. Les soldes des canaux Lightning s’expriment en satoshis par défaut. Des wallets type Phoenix ou Wallet of Satoshi notamment indiquent le solde en SATs. La communauté Lightning a adopté cette habitude, car « 50 » ou « 100 SATs » sonnent plus concrets qu’une fraction de cent. En 2025, la capacité du réseau Lightning a augmenté jusqu’en 2023, avant une légère baisse début 2025 d’après les chiffres publics ; en coulisses, l’usage des SATs pour les micro-paiements (tipping sur Nostr, app Chivo au Salvador, etc.) reste en progression. À mesure que la blockchain devient un réseau de règlement, il est probable que le paiement quotidien se fasse en SATs via la Layer 2.

Paiements Lightning Network (source)
Tarification de biens et services : Certains cas d’usage voient des biens ou services tarifés en SATs, surtout dans les communautés très orientées Bitcoin. Par exemple : boutiques en ligne ou conférences Bitcoin qui annoncent leurs prix en satoshis. Au Salvador (Bitcoin légal depuis 2021), un café peut être affiché 10 000 SATs plutôt que de passer par la devise locale. Globalement, la plupart des gens convertissent encore mentalement en fiat. Mais si le prix du Bitcoin continue de grimper, il deviendra peut-être plus naturel de penser en SATs. On discute même de noms pour de nouvelles unités si 1 sat devient « trop gros » (quelques centimes) : pour l’instant ce n’est pas envisagé sur la couche 1 (pas d’unité plus petite que le sat), mais le Lightning permet de manipuler des « millisats » off-chain.
Stacker des Sats (Stratégie d’investissement) : Beaucoup de bitcoiners parlent de « Stacking Sats » pour décrire l’accumulation régulière de Bitcoin, même en petite quantité. C’est devenu un réel mouvement, incitant à épargner en Bitcoin sur le long terme. Par exemple, certains services d’achat récurrent affichent « Vous avez stacké 150 000 SATs aujourd’hui » : exprimer l’investissement en SATs le valorise, même si l’on détient une fraction de coin. Pour les nouveaux entrants, viser, par exemple, 1 000 000 SATs (0,01 BTC) est un objectif motivant et atteignable, là où acquérir 1 BTC semble hors de portée.
Pour certains traders et investisseurs, l’objectif est d’augmenter leur stock de BTC (souvent mesuré directement en SATs), plutôt que de mesurer leurs gains en USD. Ils investissent sur les altcoins pour ensuite échanger les bénéfices en BTC, grossissant leur pile de satoshis. Beaucoup de professionnels voient la croissance de leur réserve de SATs comme le vrai « benchmark », vu la rareté du Bitcoin par rapport à la monnaie fiduciaire qui peut être imprimée à l’infini. Dire « j’ai gagné 100 000 sats sur ce trade » recentre la mesure de richesse sur le Bitcoin.
Conclusion
Les satoshis (SATs) sont la plus petite unité du Bitcoin, nommée d’après son créateur, Satoshi Nakamoto. Un Bitcoin contient 100 millions de SATs, rendant chaque fraction, même modeste, significative. Au fur et à mesure que le prix et l’adoption du Bitcoin augmentent, le rôle des SATs devient central, que ce soit pour payer des frais, de petits achats, ou comparer la valeur des altcoins.
D’ici 2025, très peu de gens posséderont un Bitcoin entier, mais disposer de seulement 0,28 BTC (28 millions de SATs) pourrait déjà vous placer dans le top 1 % des détenteurs. Cela souligne l’intérêt de « stacker des sats » via l’investissement progressif ou l’épargne en BTC.
Grâce à des innovations comme le Lightning Network, il est plus facile que jamais de dépenser ses SATs, et l’expression est désormais solidement ancrée dans l’écosystème crypto. Comprendre les SATs, c’est comprendre l’inclusivité et la divisibilité prévues par le design du Bitcoin. À terme, les SATs pourraient bien devenir aussi courants que les centimes pour le dollar. Lorsque vous utilisez le Bitcoin, pensez en SATs : cela change réellement la perception de la valeur. N’oubliez pas la formule : « Restez humble et stackez des sats ! »




