Source : podcast a16z crypto — « Nous avons levé 2,2 Mds$. Voici pourquoi. » Diffusé le : 5 mai 2026 Intervenants : Chris Dixon (Fondateur & Managing Partner), Ali Yahya (GP), Eddy Lazzarin (GP), Guy Wuollet (GP) Hôte : Robert Hackett
TL;DR
a16z crypto a clôturé son cinquième fonds avec un véhicule de 2,2 milliards de dollars destiné à soutenir la prochaine génération de fondateurs crypto. Dans une intervention commune, les quatre GPs ont livré un message clair et cohérent :
- La crypto passe de la « révolution » à la « reconstruction ». La nouvelle vague de fondateurs sera axée produit et commercialisation, et non sur l’idéologie.
- Stablecoins : près de 300 Mds$ en circulation, avec des volumes comparables aux grands réseaux de paiement. Leur adoption suit désormais une courbe d’intégration technologique, décorrélée de la spéculation.
- Plus de 99 % des transactions seront réalisées par des agents IA dans quelques années — cet avenir exige des infrastructures adaptées, notamment les stablecoins.
- La confidentialité (zero-knowledge) pourrait devenir le véritable avantage concurrentiel, alors que l’espace bloc se commoditise.
Principaux enseignements de la conversation, structurés pour la clarté.
1. Pourquoi lever un fonds crypto de 2,2 Mds$ – et pourquoi maintenant ?
Chris Dixon positionne ce timing comme un pari contracyclique. Selon lui — la pratique crypto d’a16z a démarré en 2018, mais il investit dans le secteur depuis 2013 — le moment actuel est charnière.
« Les prix et le sentiment semblent au creux du cycle. Pas les fondamentaux. Nous avons déjà observé ce schéma avec chaque grande innovation technologique — elles en sortent renforcées. » — Chris Dixon
Trois piliers soutiennent cette thèse :
- Adoption massive. Les Stablecoins se développent, les fondamentaux sont solides, et les institutions financières traditionnelles intègrent l’infrastructure onchain comme outil opérationnel.
- Clarté réglementaire. Le GENIUS Act américain crée un cadre spécifique pour les stablecoins.
- Capital détourné. Beaucoup d’investisseurs se concentrent sur l’IA, offrant aux fondateurs crypto moins de concurrence pour attirer l’attention.
Dixon insiste : IA et crypto ne s’opposent pas, au contraire, elles se recoupent largement.
2. Le GENIUS Act et l’inflexion stablecoin
L’émission de stablecoins atteint 300 milliards de dollars. Surtout, les volumes rivalisent désormais avec les gros réseaux de paiement — et la croissance s’est décorrélée de la pure spéculation.
« Leur courbe de croissance ressemble davantage à celle d’un réseau internet qu’à une classe d’actifs spéculative. » — Chris Dixon
La régulation apporte :
- Un cadre précis pour les builders. Connaître les règles est essentiel.
- Des garde-fous pour les consommateurs. Un dollar déposé = un dollar en réserve bancaire auditée.
La différence avec le passé non régulé (effondrement de plateformes, stablecoins dépeg) est nette. Pour la première fois, « stablecoin » est une catégorie reconnue par le régulateur.
« Les stablecoins ne pèsent que 10 % de la crypto. Le GENIUS Act apporte un cadre à ces 10 %. Les frameworks pour les 90 % restants – Bitcoin, Ethereum, DeFi – arrivent. » — Chris Dixon
3. Les stablecoins, le « moment WhatsApp » de la crypto
Dixon compare les stablecoins au rôle de WhatsApp dans la communication mondiale :
« Avant WhatsApp, la messagerie internationale reposait sur une mosaïque de réseaux nationaux coûteux et peu interopérables. WhatsApp a surimposé un réseau digital mondial. Les stablecoins font la même chose pour l’argent. »
Le système financier « mondial » actuel reste morcelé (banques nationales, rails de compensation). L’e-mail est gratuit, les paiements cartes domestiques coûtent ~2,5 %, un transfert international bien plus. Les stablecoins sont globaux dès le départ.
Quand l’argent devient un objet natif du réseau, d’autres usages émergent :
- Marchés de crédit onchain en expansion.
- Contrats perpétuels, désormais utilisés aussi pour actions, matières premières, devises.
- Tokenisation croissante par Wall Street et les acteurs institutionnels.
4. De la révolution cypherpunk aux « chemises et cravates »
Ali Yahya, premier investisseur crypto d’a16z en 2017, voit la principale évolution comme culturelle.
En 2017, le credo dominant était cypherpunk et anarchiste : le code fait loi, la crypto doit remplacer le système traditionnel.
L’infrastructure a progressé (d’Ethereum à 14 tx/s à des chaînes modernes à plusieurs dizaines de milliers, finalité et frais minimes). Marchés onchain, prêts, stablecoins… les cas d’usage sont là. Mais la culture a évolué :
« Pour réussir, la crypto doit collaborer avec l’existant – pas seulement le remplacer de force. » — Ali Yahya
Guy Wuollet prolonge :
« Il y a quelques années, on écrivait des smart contracts en sweat, dans la cave. Aujourd’hui, on porte la cravate et on discute sérieusement avec les banques sur la migration onchain de leurs systèmes. C’est du progrès, pas de la capitulation. » — Guy Wuollet
Ali résume : « On peut gagner la révolution, mais il faut ensuite gouverner. » Pour les builders : la prochaine génération sera plus focalisée produit et marchés que sur l’idéologie.
5. Monnaie programmable et IA générative
Eddy Lazzarin voit l’évolution du secteur comme une extension des possibles. Il partage une expérience :
« Récemment, une IA m’a généré un outil CLI pour gérer mon wallet Zcash. J’ai envoyé du Zcash vers une rampe dollar régulée directement en ligne de commande. C’était à la fois très cypherpunk – anonyme, programmable, en self-custody – et totalement interopérable avec le système existant. » — Eddy Lazzarin
La « monnaie programmable » n’est plus théorique. Aujourd’hui, on peut coder en parlant à une IA. En les connectant, l’argent circule à la vitesse de la conversation.
« La crypto facilite le contrôle de l’argent par les logiciels. L’IA facilite le contrôle du logiciel par l’humain. Connectez-les, et de nouveaux usages émergent. » — Eddy Lazzarin
6. Finance onchain et nouveaux marchés
Guy Wuollet a étudié la finance onchain et identifie deux tendances :
- Les soldes de stablecoins cherchent du rendement onchain. Les entreprises veulent optimiser leur trésorerie. Les prêteurs traditionnels voient les gains d’efficacité des rails onchain.
- Les marchés de crédit off-chain montrent des fragilités structurelles. Depuis la crise, le crédit a migré vers des fonds privés. Les récents stress (rehypothecation, duration) révèlent leurs limites.
Cela porte les produits de crédit onchain qui répondent à des besoins concrets.
Au-delà du crédit, de nouveaux marchés émergent :
- Marchés de calcul (GPU, data centers)
- Marchés énergétiques (solaire, batteries)
- Découverte des prix des matières premières (ex : pétrole sur Hyperliquid)
« Comme l’open source est devenu la norme pour les logiciels, le onchain deviendra le standard pour tout nouveau marché ou bourse. » — Guy Wuollet
Pour les institutionnels, l’intérêt : latence réduite, liquidité accrue, marchés 24/7, gestion programmable des risques de contrepartie.
« La gestion des risques de contrepartie n’est pas un slogan, mais un besoin essentiel. »
7. Les agents IA, nouveaux acteurs économiques
Ali Yahya expose la thèse macro sur l’IA et la crypto :
« D’ici peu, la très grande majorité des transactions seront opérées par des agents IA, pas des humains. Le ratio pourrait atteindre 99 %. » — Ali Yahya
Le monde de demain ne pourra pas fonctionner sur SWIFT, ACH ou les réseaux cartes. Les stablecoins – natifs, programmables, à coût quasi nul – sont adaptés pour faire des agents IA des participants économiques à part entière.
Point subtil : les réseaux de cartes facturent ~16 points de base par transaction, mais les agents IA n’ont aucune préférence pour l’ancien système. Ils privilégient les solutions efficaces, poussant vers la crypto.
Eddy ajoute :
« Les gens seront surpris du côté « pragmatique » des agents. Demandez-leur de baisser vos coûts : ils optimiseront tout, favorisants les paiements à l’usage. Cela pousse naturellement vers les systèmes natifs crypto. » — Eddy Lazzarin
Bientôt : des agents avec leur propre wallet crypto, payant leur calcul, générant de la valeur (software, contenu), travaillant pour d’autres agents ou des humains.
8. Confidentialité : le dernier vrai moat
Ali Yahya pense que la confidentialité est la fonctionnalité la plus cruciale mais sous-développée du secteur.
Aujourd’hui, la plupart des blockchains sont totalement transparentes — chaque transaction est publique. La crypto ne peut se démocratiser si mettre son salaire onchain revient à l’exposer à tous. Entreprises et individus n’accepteront jamais.
Deuxième enjeu : à mesure que l’interopérabilité croît, l’espace bloc devient une commodité. Les états publics et liquidités sont duplicables.
« Dans un monde où migrer ou forker une chaîne est facile, la confidentialité devient le vrai moat. » — Ali Yahya
Une fois les données chiffrées, migrer une app ou sa base utilisateur n’est plus trivial. Les effets réseau s’amplifient grâce à la confidentialité.
9. Jolt, Zero-Knowledge et le trilemme de scalabilité
Trois approches pour la confidentialité :
- Custodiens centralisés — rapides à déployer, mais neutralité moindre.
- Environnements d’exécution de confiance (TEE) – sécurité matérielle empêchant toute manipulation.
- Cryptographie pure – où les preuves zero-knowledge sont primordiales.
Les preuves ZK sont 10 à 100 fois plus efficaces qu’il y a 10 ans. L’équipe a16z, via le projet Jolt, pousse encore leurs limites pour la confidentialité et le passage à l’échelle.
Pourquoi l’essor des ZK ? Parce qu’elles s’attaquent au trilemme de scalabilité : traditionnellement, chaque nœud refait tout le travail de la chaîne. Avec des ZK performantes, un nœud calcule, les autres vérifient. Le plafond passe de 14 à plusieurs millions de TPS.
10. La crypto, rempart face à la centralisation de l’IA
Chris Dixon reprend la thèse de son livre Read Write Own : Internet était décentralisé, puis s’est concentré entre quelques plateformes. L’IA risque d’amplifier ce phénomène.
Les grands laboratoires IA sont très capitalistiques. Ils sont 4-5 concurrents réels aux États-Unis. La crypto est l’un des rares contrepoids crédibles à cette centralisation.
Guy Wuollet liste les solutions :
- Preuve de personnalité pour identifier les humains en ligne.
- Réseaux GPU décentralisés et entraînement collaboratif.
- Marchés onchain pour la puissance de calcul — permettre aux particuliers de posséder et financer ce nouvel « actif ».
« Les GPU sont des actifs clés de notre époque. Permettre à tous d’y accéder et de les financer est fondamental. » — Guy Wuollet
11. Réussite : à quoi ressemblera le succès du Fonds 5 ?
Chacun des GPs a sa définition, mais convergence sur l’essentiel :
Eddy Lazzarin : « Des usages concrets adoptés massivement. Des logiciels aidant humains et machines à posséder des actifs différemment. »
Ali Yahya : « Dans 10 ans, plus d’un milliard de personnes interagiront chaque jour avec la blockchain, directement ou non. La majorité des activités financières seront onchain. »
Guy Wuollet : « Si la crypto permet juste à chaque humain d’avoir un compte stablecoin-dollar, ce serait déjà transformateur. »
Chris Dixon : « Un milliard d’utilisateurs. Ce devrait être le seuil de toute innovation internet majeure. Les usages financiers mèneront la danse. »
12. Lire, écrire, posséder : le long terme
Chris Dixon conclut :
« Je ne changerais pas grand-chose à la conclusion de Read Write Own. Le but n’était pas de prédire les apps, mais d’extraire l’essence d’une technologie. L’essence de la crypto reste valable. » — Chris Dixon
Ce que cela signifie pour les traders et builders
Le signal est clair : l’intégration institutionnelle de la crypto est en cours, et le prochain cycle est structurel, non spéculatif. Stablecoins, marchés onchain, actifs tokenisés, économie des agents IA convergent sur une même infrastructure.
Pour les traders actifs, cela implique que la liquidité, la variété des instruments et la gestion des risques de contrepartie sont plus importantes que jamais. Phemex est conçu pour ce contexte — infrastructure robuste, liquidité profonde sur le spot et les produits dérivés, preuve de réserves Merkle Tree, compte unifié en USDT disponible 24/7.
Que vous souhaitiez exposer votre portefeuille aux grandes tendances structurelles évoquées — paiements sur rails stablecoin, crédit onchain, IA x crypto, infrastructures de confidentialité —, la boîte à outils est déjà disponible chez Phemex.
Dernière réflexion
L’ère des « chemises et cravates » n’est pas une trahison du cypherpunk, mais son passage à l’infrastructure. Le prochain milliard d’utilisateurs n’aura probablement jamais lu les white papers, mais utilisera les produits financiers onchain.
Avertissement : Cet article est un résumé d’une discussion podcast externe, fourni à titre informatif et éducatif uniquement. Ceci ne constitue pas un conseil financier. Les marchés des cryptomonnaies sont très volatils, la performance passée ne garantit pas les résultats futurs. Faites toujours vos propres recherches et consultez un conseiller financier agréé avant toute décision d’investissement.






