Le projet de loi adopté à la Chambre, mais l'impasse au Sénat
La loi sur la clarté des marchés d’actifs numériques de 2025 (CLARITY Act) a été approuvée à la Chambre des représentants avec une large majorité bipartisane (294 contre 134). Ce succès a brièvement laissé entrevoir une avancée majeure vers une réglementation précise du secteur crypto aux États-Unis.
Mais au Sénat, le texte s’enlise.
En mars 2026, le projet de loi reste bloqué, pris entre deux groupes puissants : l’industrie crypto, qui réclame une réglementation claire, et le lobby bancaire américain, qui souhaite préserver son territoire. Le point de friction principal concerne la possibilité pour les émetteurs de stablecoins et les plateformes crypto d’offrir un rendement sur les tokens indexés sur le dollar — fonctionnalité que les banques voient comme une concurrence directe aux comptes épargne classiques sans les mêmes obligations réglementaires.
Comprendre ce débat est essentiel, car il influence non seulement ce texte, mais aussi la manière dont les actifs crypto seront classifiés, régulés et échangés aux États-Unis pour les prochaines années.
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SEC vs. CFTC : La répartition des compétences
Le cœur de la loi CLARITY répond à une question qui pèse sur la crypto depuis 2017 : Un token est-il une valeur mobilière ou une marchandise ?
Le texte distingue trois catégories principales d’actifs :
1. Marchandises numériques
Tokens dont la valeur est « intrinsèquement liée » à l’utilisation d’une blockchain — comme Bitcoin, ETH (après la fusion), SOL, et la plupart des tokens natifs Layer-1 et Layer-2. Sous CLARITY, ces actifs relèveraient exclusivement de la CFTC. La CFTC superviserait les marchés spot (pas de version française disponible), appliquerait des règles anti-fraude et manipulations, et obligerait l’enregistrement des intermédiaires.
C’est un changement majeur : jusqu’ici, la SEC revendiquait une large autorité sur de nombreux tokens. CLARITY inverserait cette dynamique pour la plupart des cryptos.
2. Actifs issus de contrats d’investissement
Les tokens émis lors de collectes de fonds (ICOs ou SAFTs) — sans version française sur l’Academy — resteraient sous le contrôle de la SEC, mais seulement pendant la phase d’émission et de distribution primaire. Dès qu’un réseau atteint une décentralisation « suffisante » (définie par des critères spécifiques du texte : distribution, gouvernance, utilité…), le token devient une marchandise numérique supervisée par la CFTC.
3. Stablecoins de paiement autorisés
Les tokens indexés sur le dollar tels que USDC ou USDT bénéficient d’un cadre réglementaire distinct. C’est précisément sur ce point que le débat du Sénat s’est focalisé.
Stablecoins et rendements : enjeux entre banques et crypto
L’obstacle principal à l’adoption de la loi CLARITY porte sur une disposition — ou plutôt l’absence de disposition — concernant le rendement des stablecoins.
Chronologie :
- Le projet du Comité bancaire du Sénat interdit aux prestataires d’actifs numériques d’offrir des intérêts ou des rendements pour la simple détention de stablecoins. Selon les banques, un rendement sur USDC revient à concurrencer un compte épargne bancaire — sans la même protection des dépôts, ni l’agrément bancaire.
- La Maison-Blanche a proposé en mars 2026 un compromis : autoriser le rendement des stablecoins dans certains cas (paiement pair-à-pair, prêt DeFi), mais interdire tout rendement sur des soldes inactifs. Les entreprises crypto ont accepté.
- L’American Bankers Association a rejeté ce compromis, estimant que cela ouvrait la porte à la captation de dépôts bancaires.
- Les sénateurs Angela Alsobrooks et Thom Tillis travaillent sur un nouveau compromis bipartisan, avec un vote possible au comité bancaire du Sénat mi-fin mars.
La date limite pratique pour agir est mai-juin 2026, avant que les élections de mi-mandat ne monopolisent l’agenda politique. La secrétaire au Trésor Bessent vise un vote au printemps, et les marchés de prédiction estiment à 72 % la probabilité de signature en 2026.
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Ce que cela change concrètement pour les traders crypto
Si la loi CLARITY est adoptée dans sa forme actuelle, l’impact pour le trading crypto serait notable :
Plus de tokens, moins d’incertitude juridique
Reclassifier la majorité des tokens natifs blockchain en marchandises numériques lèverait l’incertitude qui pèse sur de nombreux projets. Des lancements retardés par la crainte de sanctions SEC pourraient voir le jour, élargissant l’offre sur les plateformes conformes comme Phemex.
Protection spécifique pour la DeFi
La loi consacre un statut distinct pour les protocoles DeFi, différenciant les intermédiaires centralisés (enregistrement obligatoire) des protocoles réellement décentralisés (réglementation plus souple). Cela pourrait encourager la valorisation des tokens DeFi et les plateformes hybrides CeFi/DeFi.
Le staking n’est pas un titre financier
Le texte précise que les récompenses de staking (valider un réseau Proof-of-Stake pour obtenir un rendement) ne constituent pas une offre de titres financiers. Avec l’approbation récente des ETF Ethereum stakés par la SEC, cela clarifie la légitimité des produits liés au staking dans l’industrie.
Rendement des stablecoins : la variable clé
Si le compromis sénatorial autorise un rendement limité, un nouveau segment réglementé pourrait émerger : produits d’épargne en tokens adossés au dollar. Si le lobby bancaire l’emporte et que le rendement est interdit, ces produits devront transiter par la DeFi — moins simple, mais pas impossible.
À surveiller : calendrier et étapes clés
| Date | Événement |
|---|---|
| 10 mars 2026 | Nouveau compromis annoncé au Sénat |
| Mi-fin mars | Possible vote en commission bancaire |
| Avril 2026 | Conciliation avec la commission agricole |
| Mai–juin 2026 | Échéance avant la campagne des mid-terms |
| Prévisions Polymarket | 72 % de chances de signature en 2026 |
Les traders devraient suivre de près la progression des débats. Un vote positif en commission enverrait le texte devant le Sénat, où il serait fusionné avec la version de la commission agricole, puis soumis à la Chambre et enfin au Président.
Se positionner face à la nouvelle réglementation
Quel que soit le sort du rendement sur stablecoins, la tendance est nette : les États-Unis se dirigent vers un cadre réglementaire mené par la CFTC pour les marchandises numériques. Cela favorise :
- Les tokens Layer-1 (BTC, ETH, SOL) clairement classés comme marchandises numériques
- Les tokens de gouvernance DeFi bénéficiant d’un statut spécifique
- Les plateformes d’échange déjà conformes et prêtes à s’adapter au nouveau régime d’enregistrement
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FAQ
Q : Quand la loi CLARITY entrera-t-elle en vigueur ? Elle a été adoptée à la Chambre en juillet 2025 mais reste en débat au Sénat. La secrétaire au Trésor vise le printemps 2026 ; les marchés estiment à 72 % une adoption cette année. La vraie limite est mai-juin 2026.
Q : Quelle différence entre CLARITY Act et FIT21 ? FIT21 était un projet antérieur qui a posé les bases de la séparation SEC/CFTC. CLARITY va plus loin : définitions précises, test de décentralisation, protection DeFi, volet stablecoin. Il remplace en pratique FIT21.
Q : Quel impact sur ma façon de trader ? Si adoptée, la loi reclasserait la plupart des tokens sous la CFTC, élargissant l’offre sur les plateformes réglementées. Le staking serait légitimé, et la DeFi bénéficierait de règles plus claires — ce qui pourrait accroître la liquidité et réduire l’incertitude juridique.
Cet article est fourni à titre d’information et ne constitue pas un conseil financier ou juridique. Les évolutions réglementaires restent incertaines et la législation peut encore évoluer. Faites toujours vos propres recherches avant toute décision d’investissement.



