Stellar est une blockchain de couche 1 conçue pour les paiements transfrontaliers et la tokenisation d’actifs. Fondée en 2014 par Jed McCaleb (cofondateur de Ripple), elle est gérée par la Stellar Development Foundation, une organisation à but non lucratif basée à San Francisco. Son jeton natif, le XLM, figure depuis le 17 mars 2026 dans la réglementation finale conjointe de la SEC et de la CFTC, qui classe 16 crypto-actifs parmi les marchandises numériques, au même titre que Bitcoin, Ethereum ou XRP.
Cette classification est importante car XLM évoluait dans une zone grise réglementaire depuis son lancement. L’absence de statut clair freinait l’adoption de l’infrastructure Stellar par les institutions, notamment pour les fonds tokenisés ou les services de transfert d’argent. Désormais considérée comme une marchandise, la surveillance passe de la SEC à la CFTC, compétente sur les marchés au comptant de matières premières. Toutefois, l’enjeu réglementaire n’explique pas tout : la valeur réelle de Stellar réside dans l’infrastructure développée depuis dix ans et dans ses partenariats avec des acteurs tels que MoneyGram ou Franklin Templeton, souvent méconnus du grand public.
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Qu’est-ce qui différencie Stellar d’un point de vue technique ?
La plupart des blockchains reposent sur le Proof of Work (preuve de travail, à base de minage énergivore) ou le Proof of Stake (preuve d’enjeu, via blocage de jetons). Stellar adopte une approche différente : le Stellar Consensus Protocol (SCP), reposant sur l’accord byzantin fédéré, conçu par le professeur David Mazieres (Stanford).
Le SCP s’apparente à un réseau d’approbations : chaque nœud valideur sélectionne d’autres nœuds de confiance (ensemble de quorum). Une transaction est validée lorsque des groupes de nœuds interconnectés acceptent ensemble. Il n’y a ni minage, ni nécessité de staking, ni concurrence énergétique. Les transactions sont ainsi finalisées en 3 à 5 secondes, avec des frais de l’ordre de 0,00001 XLM par opération.
Ce choix technique rend Stellar particulièrement efficace pour sa mission : transférer de l’argent d’un pays à l’autre ne requiert pas le même niveau de sécurité qu’une opération DeFi de 500 millions $. Le réseau privilégie la rapidité et le coût, ce qui attire ses partenaires actuels.
À quoi sert le jeton XLM ?
XLM a des usages plus restreints que la plupart des tokens de couche 1, par choix. Chaque transaction nécessite une très petite quantité de XLM en frais (0,00001 XLM/opération) et chaque nouveau compte impose un solde minimal de 1 XLM. Ces paramètres limitent le spam et assurent la fluidité même en période de forte activité.
XLM joue aussi le rôle de devise-pont dans le système de paiement Stellar : pour un transfert de dollars US vers des pesos mexicains, les fonds sont convertis en XLM, transférés sur le réseau, puis reconvertis. L’utilisateur final ne manipule pas le XLM, mais bénéficie de transferts rapides et abordables par rapport aux circuits bancaires classiques.
L’offre totale est plafonnée à 50 milliards de XLM après le burn de 55 milliards en novembre 2019, contre 100 milliards initialement. L’offre en circulation est d’environ 31,3 milliards (mars 2026). Il n’y a pas de mécanisme d’inflation ni d’émission via staking, ce qui simplifie la dynamique d’offre. Le XLM se négocie autour de 0,15-0,16 $, pour une capitalisation proche de 5 milliards de dollars (rang ~19-21 selon les jours).
Les partenariats qui illustrent l’adoption réelle de Stellar
L’adoption de Stellar ne repose pas sur la DeFi ou les NFT, mais sur de vrais accords d’infrastructure financière, souvent peu visibles des investisseurs crypto.
MoneyGram. La Stellar Development Foundation a investi dans MoneyGram et obtenu un siège au conseil d’administration en 2023. Le service crypto-to-cash de MoneyGram fonctionne sur Stellar, permettant aux utilisateurs de plus de 170 pays de convertir des stablecoins (principalement USDC) en monnaie locale dans les agences MoneyGram. Il s’agit d’un service opérationnel depuis plusieurs années, traitant des volumes réels.
Franklin Templeton. Le gestionnaire d’actifs (1,5 trillion $) a lancé son fonds monétaire tokenisé BENJI (FOBXX) sur Stellar en 2021, devenant le premier fonds commun de placement américain enregistré sur une blockchain publique. Début 2026, le FOBXX détient environ 480 millions $ sur le réseau Stellar. Un choix qui témoigne de la fiabilité du réseau auprès des institutionnels.
Contrats intelligents Soroban. Stellar a lancé Soroban, sa plateforme de smart contracts, sur le mainnet en février 2024, avec un fonds d’adoption de 100 millions $. Le protocole 25 est actif depuis janvier 2026 et la feuille de route 2026 prévoit l’intégration de preuves à divulgation nulle de connaissance pour des transactions privées et conformes. Stellar élargit ainsi son champ, du paiement vers la DeFi et la tokenisation d’actifs traditionnels.
Pourquoi le statut de marchandise numérique est crucial pour XLM
La décision du 17 mars bouleverse la donne réglementaire pour Stellar sur plusieurs plans.
La supervision de la CFTC sur le marché spot du XLM permet aux plateformes d’échanger le token sans risque de requalification en titre non enregistré. Pour les dépositaires institutionnels, le statut de marchandise est souvent requis pour détenir un actif pour le compte de clients. Pour Franklin Templeton et les gestionnaires de fonds utilisant Stellar, cela lève une incertitude juridique importante.
La voie ETF est désormais ouverte, même si aucun ETF spot XLM n’existe encore. La classification de marchandise est la base qui a permis l’approbation des ETF Bitcoin, Ethereum, ou AVAX. Les émetteurs comme VanEck ou Grayscale pourraient à l’avenir proposer un ETF XLM si le marché le justifie, sans garantie à ce stade.
La CEO de la Stellar Foundation, Denelle Dixon, s’est félicitée d’« une étape majeure pour les développeurs, les institutions et l’adoption des blockchains publiques ». En substance, les institutions ont besoin de clarté réglementaire pour déployer des capitaux à grande échelle, et cette décision leur apporte.
XLM vs. XRP : Origines communes, trajectoires distinctes
La comparaison est fréquente, et pour cause : Jed McCaleb a cofondé Ripple en 2012, l’a quitté en 2014 et lancé Stellar. Les deux réseaux ciblent les paiements transfrontaliers et ont obtenu le statut de marchandise numérique le 17 mars. Mais la ressemblance s’arrête là.
Source : trade-ideas
Métrique | Stellar (XLM) | XRP |
Organisation | Stellar Development Foundation (organisation à but non lucratif) | Ripple Labs (entreprise à but lucratif) |
Marché cible | Individus, transferts, marchés émergents | Banques, liquidité institutionnelle |
Consensus | SCP (confiance fédérée, sans staking) | RPCA (liste de nœuds unique, sans staking) |
Vitesse de transaction | 3-5 secondes | 3-5 secondes |
Frais | ~0,00001 XLM (~0,000002 $) | ~0,00001 XRP (~0,00002 $) |
Contrats intelligents | Soroban (depuis fév. 2024) | EVM sidechains (en développement) |
Capitalisation (mars 2026) | ~5 milliards $ | ~120+ milliards $ |
Partenariat clé | MoneyGram, Franklin Templeton | SBI Holdings, grandes banques |
Offre en circulation | ~31,3 milliards / 50 M max | ~60,7 milliards / 100 M max |
L’écart de capitalisation boursière est immense. XRP se négocie avec une valorisation environ 24 fois supérieure à celle de XLM, reflet des relations bancaires institutionnelles plus engagées de Ripple et de son historique auprès des grandes entreprises. Mais la structure associative de Stellar vise l’adoption réseau et l’inclusion financière, notamment dans les marchés émergents où l’intégration MoneyGram dans 170 pays apporte un accès direct inédit.
Ainsi, XRP peut être vu comme une autoroute institutionnelle pour banques, tandis que Stellar constitue un réseau local reliant les utilisateurs aux services financiers autrefois inaccessibles. Ces deux modèles peuvent coexister, répondant à des besoins complémentaires.
Questions fréquentes
Le XLM est-il un bon investissement en 2026 ?
Le XLM est un actif d’infrastructure à faible volatilité, avec une adoption institutionnelle réelle (Franklin Templeton, MoneyGram) et un nouveau statut réglementaire qui réduit l’incertitude. Néanmoins, il se négocie plus de 95 % sous son sommet historique (0,94 $ en janvier 2018), et son prix a globalement moins performé que d’autres grands altcoins lors des marchés haussiers. Il peut convenir à une allocation modérée (1-3 %) dans une stratégie axée sur les paiements ou la tokenisation d’actifs réels, plutôt qu’une approche spéculative.
Quelle différence entre Stellar et Ripple ?
Tous deux cofondés par Jed McCaleb, visent le paiement transfrontalier. Stellar est une fondation à but non lucratif pour l’inclusion financière individuelle, Ripple un acteur commercial fournissant des solutions de liquidité aux banques. Stellar fonctionne sur SCP (fédération de confiance) tandis que XRP utilise une version propriétaire (RPCA). Pour l’utilisateur, coût et rapidité sont similaires, mais les modèles économiques diffèrent.
Que faire avec le XLM ?
XLM sert de devise-pont pour les paiements internationaux, règle les frais de transaction sur Stellar et permet la création de nouveaux comptes. Avec Soroban, il sert également de gaz pour les dApps DeFi sur Stellar. L’intégration MoneyGram permet (via l’infrastructure Stellar) la conversion stablecoin-espèces dans plus de 170 pays.
Un ETF Stellar est-il possible ?
Aucun ETF spot XLM n’est côté actuellement, mais la classification du 17 mars lève l’obstacle juridique principal. Bitcoin et Ethereum ont obtenu leurs ETF après ce statut. AVAX compte déjà deux ETF (VanEck VAVX, Grayscale GAVA). La question reste de savoir si les émetteurs privilégieront un ETF XLM au vu de sa capitalisation (~5 milliards $), ce qui n’est pas encore garanti.
Conclusion
Stellar ne vise pas à être la blockchain la plus rapide ou la chaîne DeFi au plus haut TVL. C’est un réseau d’infrastructure pour le paiement et la tokenisation, qui construit discrètement depuis 2014. Le fonds tokenisé Franklin Templeton (480 millions $) et la couverture MoneyGram (170 pays) ne sont pas des pilotes mais des solutions opérationnelles.
Le XLM s’échange autour de 0,15-0,16 $ (mars 2026), en baisse de 83 % par rapport à son sommet. La classification en marchandise du 17 mars réduit l’incertitude réglementaire longtemps rédhibitoire, tandis que Soroban offre une nouvelle voie de croissance hors du seul paiement. Le token paraît sous-évalué par rapport à ses partenariats institutionnels, mais une adoption accrue ou l’arrivée d’un ETF pourraient servir de catalyseur. Le signal à suivre : le dépôt d’un dossier ETF XLM par un émetteur majeur dans les prochains mois.
Cet article est à des fins éducatives uniquement et ne constitue pas un conseil financier ou d’investissement. Le trading de crypto-actifs comporte des risques importants. Faites toujours vos propres recherches avant toute décision d’investissement.




