
Marvell a triplé en 2026 pour atteindre environ 294 $, en hausse d'environ 5,9 % lors d'une récente séance, tandis que Broadcom se négocie autour de 376 $ et vient d'annoncer 10,8 milliards de dollars de revenus issus des semi-conducteurs IA sur un seul trimestre. Les deux entreprises proposent principalement des solutions similaires : du silicium personnalisé utilisé par les grands acteurs du cloud pour concevoir leurs propres puces IA au lieu d’acheter des GPU standards. La différence réside dans l’échelle. Marvell est le challenger dynamique dont la valorisation dépend d’un cycle de produit en forte accélération, tandis que Broadcom est un acteur diversifié engrangeant déjà des revenus conséquents sur ce segment.
Les deux titres sont tradés sous forme de contrats perpétuels listés, de sorte que le choix entre les deux se pose en termes de gestion de position réelle, non de simple théorie. Voici une comparaison de leurs activités, là où leurs chiffres divergent en 2026, et un cadre pour déterminer celui qui correspond à votre profil de risque.
Ce que chaque entreprise propose réellement
Marvell et Broadcom évoluent toutes deux sur le marché du silicium personnalisé, mais à des extrémités opposées.
Marvell se positionne comme un pur challenger. Elle collabore avec les fournisseurs de cloud pour concevoir des ASICs personnalisés, des puces spécifiques à une application et à un client, intégrées dans les interconnexions optiques et la connectivité data center nécessaires pour gérer des milliers d’accélérateurs. Lorsqu’un hyperscaler souhaite concevoir une puce IA interne plutôt qu’acheter un GPU marchand, Marvell agit souvent comme partenaire de conception pour concrétiser ce projet matériel. Perspectives de Marvell sur l’IA : cette activité est devenue à la fois très spécialisée et rapide.
Broadcom, de son côté, est le géant diversifié qui domine ce même marché. Ses services de conception d’ASICs personnalisés équipent déjà les Tensor Processing Units de Google, les accélérateurs MTIA de Meta, ainsi que de nouveaux projets avec OpenAI et Anthropic. Mais le silicium personnalisé n’est qu’une partie de son activité. Broadcom gère également une franchise importante de puces réseau et, depuis l’acquisition de VMware pour 69 milliards de dollars en novembre 2023, un pôle logiciels d’infrastructure représentant désormais environ 35 % du chiffre d’affaires avec des marges brutes supérieures à 90 %. Le PDG Hock Tan a bâti une entreprise générant des revenus sur les puces, le réseau et la couche logicielle simultanément.
Cette différence structurelle détermine la suite. Marvell représente un pari concentré sur la poursuite de l’accélération du silicium personnalisé, sans filet de sécurité en cas de ralentissement. Broadcom offre la même thèse, mais intégrée dans un groupe suffisamment large et diversifié pour absorber les fluctuations ponctuelles d’un segment.
Comparaison des chiffres pour 2026
L’écart de performance et de taille révèle comment le marché perçoit chacune de ces sociétés. Marvell s’échange comme une valeur de rupture, Broadcom comme un acteur de croissance régulière.
| Indicateur | Marvell (MRVL) | Broadcom (AVGO) |
|---|---|---|
| Cours récent | ~294 $ | ~376 $ |
| Évolution en séance | +5,9 % | Stable |
| Performance 2026 | Triplé depuis le début de l'année | Hausse régulière, proche du record |
| Référence de record | Clôture à 301,65 $ (4 juin) | Proche du plus haut historique |
| Mix d’activité | ASICs personnalisés, optique, connectivité | ASICs, réseau, logiciels VMware |
| Dernier signal IA | Montée en puissance avec les hyperscalers | 10,8 Md$ de revenus IA/trimestre |
| Derniers revenus totaux | ~2,4 Md$ sur le trimestre, +28 % | ~22,2 Md$ sur le trimestre |
| Moteur de croissance | Cycle de produit unique, accélération | Pluri-segments, carnet de commandes |
| Risque principal | Valorisation déjà élevée, peu d’amortisseurs | Croissance plus lente sur grosse base |
Les chiffres sont éloquents. Le dernier trimestre de Broadcom affiche 10,8 milliards de dollars de revenus IA (hausse de 143 % sur un an) sur un chiffre d’affaires total de 22,2 milliards selon ses résultats T2 fiscal 2026. Marvell, sur son rapport T1 fiscal 2027, a publié 2,418 milliards de dollars (+28 %). Attention au décalage des calendriers fiscaux : l’exercice fiscal de Marvell est en avance d’un an sur le calendrier classique.
Une action qui triple en 2026 anticipe une forte accélération future dans le prix actuel. Broadcom enregistre cette accélération dès à présent, avec un chiffre d’affaires huit à neuf fois supérieur à celui de Marvell, d’où la différence d’évolution en pourcentage.
Les catalyseurs qui soutiennent chaque titre
Les deux valeurs bénéficient de catalyseurs spécifiques à court terme, et non d’un simple engouement vague pour l’IA : c’est en partie pour cela qu’elles ont maintenu leurs gains.
Pour Marvell, le catalyseur principal est une possible entrée dans l’indice S&P 500. Cet évènement oblige tous les fonds indiciels à acheter le titre, indépendamment de la valorisation, générant ainsi une demande mécanique sans lien avec l’activité sous-jacente. Analyse sur l'impact de l'inclusion S&P 500 : ce phénomène de « forced buying » y est détaillé. Par ailleurs, le PDG de Nvidia a publiquement évoqué le potentiel du marché du silicium personnalisé en évoquant une opportunité à mille milliards, attirant l’attention des investisseurs sur le segment cœur de Marvell. La direction a également relevé ses prévisions à 11,5 milliards de dollars pour l’exercice fiscal 2027, et vise 16,5 milliards pour 2028, ce qui crédibilise la dynamique.
Pour Broadcom, les catalyseurs sont plus ancrés et généralement de plus grande ampleur. La direction vise un chiffre d’affaires consolidé T3 fiscal 2026 de 29,4 milliards (+84 % sur un an), dont 16 milliards de revenus IA. L’objectif affiché dépasse 100 milliards de revenus IA d’ici l’exercice fiscal 2027, et un carnet de commandes de plusieurs milliards s’étendant sur plus d’un an. Sa clientèle regroupe Google, Meta, OpenAI et Anthropic, soit les principaux acteurs dans la planification de budgets IA.
En résumé, Marvell s’appuie sur des attentes de croissance future et un événement mécanique d’indice, tandis que Broadcom repose sur un carnet de commandes déjà acté et des prévisions chiffrées en dizaines de milliards. Aucun des deux n’est « meilleur », ils présentent simplement des niveaux de preuve différents, ce qui compte dans la gestion du risque.
Où se situent les risques ?
Une action qui triple et une autre proche de son plus haut sont toutes deux valorisées sur une forte attente de réussite.
Le risque chez Marvell est plus marqué à court terme : toute la revalorisation repose sur un scénario unique (l’accélération du silicium personnalisé), sans autre segment pour amortir un revers. Le moindre report ou partage de programme d’un client majeur pourrait entraîner une correction, car le marché a déjà « payé d’avance » pour la croissance attendue. Les titres à forte dynamique sont souvent plus sévèrement sanctionnés en cas de déception que récompensés lors de surperformance.
Chez Broadcom, le risque est plus diffus et lié à la taille : faire passer les revenus IA au-delà de 100 milliards à partir d’une base déjà importante relève du défi. L’action dépend aussi de la poursuite de la vague d’investissements massifs des hyperscalers jusqu’en 2027. L’intégration de VMware ajoute une variable, avec une transition vers des abonnements logiciels qui doit progresser pour justifier les marges. Tout ralentissement sur l’un ou l’autre volet pourrait peser sur la valorisation.
Pour illustrer la concentration de ce positionnement, analyse de NVIDIA (NVDA) et la concurrence sur les parts de marché IA présente la situation du leader établi face à ces deux challengers.
Grille d’analyse : comment choisir ?
Il n’existe pas de réponse universelle car ces deux valeurs répondent à des objectifs de profils différents. Voici un cadre pour orienter votre réflexion :
Pour une exposition maximale à la dynamique du silicium personnalisé, Marvell est adaptée. C’est un pur player qui a triplé en 2026, avec le catalyseur potentiel de l’intégration S&P 500. Mais le risque de concentration est élevé, la valorisation anticipe déjà beaucoup, et les preuves comptables restent moindres.
Pour la même thèse avec diversification et échelle, Broadcom est plus appropriée. L’entreprise engrange des revenus IA en dizaines de milliards, dispose d’un pôle réseau et d’une activité logicielle VMware, avec un carnet de commandes solide. En contrepartie, la progression en pourcentage est plus lente et le multiple élevé laisse peu de marge en cas de ralentissement des investissements.
En cas d’hésitation, la taille de position importe plus que le choix du titre. Lorsque deux titres d’un même secteur progressent fortement, il peut être pertinent de diviser l’exposition et d’ajuster la taille de chaque position. Comparaison directe entre SPCE et MRVL : cela met en lumière la différence de valorisation entre une histoire spéculative et une croissance soutenue par les revenus.
FAQ
Marvell ou Broadcom : quelle est la meilleure action IA ?
Chacune vise des objectifs différents : Marvell offre une exposition forte et concentrée à la dynamique du silicium personnalisé après avoir triplé en 2026, tandis que Broadcom propose la même thèse à plus grande échelle, complétée par des activités réseau et logiciel.
Pourquoi Marvell a-t-elle triplé en 2026 ?
Marvell a bénéficié de la demande croissante pour les puces IA personnalisées et la connectivité data center, alors que les hyperscalers développaient leurs propres solutions. La perspective d’intégration S&P 500 et le soutien public d’un dirigeant de Nvidia ont également attiré l’attention sur ce segment.
Qu’est-ce qui différencie Broadcom de Marvell dans les puces IA ?
Les deux conçoivent des ASICs sur-mesure pour les hyperscalers, mais Broadcom opère à une échelle environ huit fois supérieure et ajoute une activité réseau et un pôle logiciel VMware. Marvell reste plus petit mais à forte dynamique.
Quel titre a le plus de potentiel : MRVL ou AVGO ?
Sur le plan du pourcentage, Marvell offre plus de potentiel théorique car elle part d’une base plus faible, ce qui explique sa hausse spectaculaire. Broadcom peut générer une croissance en valeur plus importante et bénéficie d’un amortisseur grâce à sa diversification.
Conclusion
Le choix entre Marvell et Broadcom repose sur la préférence entre concentration et diversification, plutôt que sur la « meilleure » entreprise. Marvell propose une exposition pure à la dynamique du silicium personnalisé, tandis que Broadcom offre cette thèse à grande échelle avec un portefeuille diversifié. Surveillez trois aspects lors du prochain cycle de résultats : l’intégration de Marvell à l’indice S&P 500, les revenus IA de Broadcom au troisième trimestre fiscal (autour de 16 milliards) et la tendance des budgets d’investissement des hyperscalers. La société qui maintiendra ses gains sera celle dont les revenus réels rattraperont la valorisation.
Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil financier ou d’investissement. Le trading de crypto-actifs comporte des risques importants. Veuillez toujours effectuer vos propres recherches avant toute décision de trading.
