
Joseph Chalom a travaillé près de 20 ans chez BlackRock, le plus grand gestionnaire d’actifs mondial, où il a contribué à la conception de produits ayant favorisé l’entrée d’investisseurs institutionnels dans les cryptomonnaies. En juillet 2025, il quitte BlackRock pour co-diriger SharpLink, une société spécialisée dans une gestion de trésorerie basée sur Ethereum. Aujourd’hui, l’entreprise détient plus de 1,3 milliard de dollars en ETH, presque entièrement placés en staking. Chalom s’exprime ainsi parmi les voix institutionnelles les plus claires à considérer qu’Ethereum serait un atout de trésorerie d’entreprise supérieur au Bitcoin.
Ce débat a pris de l’ampleur en juillet 2026, alors que Chalom intervenait à l’Injective Summit à Washington DC, au moment où les grands détenteurs accumulent et stakent massivement de l’ETH. Selon lui, la demande institutionnelle en trésorerie favorise désormais les deux actifs, mais il estime que l’ETH est plus pertinent pour ce rôle. L’avis d’un acteur qui a justement contribué à l’essor des produits crypto chez BlackRock retient nécessairement l’attention des professionnels.
Voici qui est Joseph Chalom, sa position précise en faveur de l’ETH plutôt que du BTC, ainsi que les arguments adverses.
Qui est Joseph Chalom et ce qu’il a construit chez BlackRock
Chalom n’est pas un fondateur issu du secteur crypto. C’est un professionnel chevronné ayant joué un rôle central dans la stratégie actifs digitaux chez BlackRock. Les produits auxquels il a contribué expliquent en partie l’émergence de la notion de « crypto institutionnelle ».
Trois réalisations sont à retenir. Il a été au cœur du développement de l’IBIT, l’ETF Bitcoin spot de BlackRock, aujourd’hui le produit du genre le plus négocié au monde avec plus de 87 milliards de dollars sous gestion. Il a également travaillé sur l’ETHA, l’ETF Ethereum spot de BlackRock, qui dépasse les 10 milliards de dollars. Enfin, il a participé au lancement de BUIDL, le premier fonds obligataire américain tokenisé sur Ethereum.
Ce dernier exemple est significatif : BUIDL a permis de placer une dette souveraine réelle sur une blockchain publique, et le choix d’Ethereum a été stratégique. L’un de ses instigateurs dirige désormais une entreprise qui considère l’ETH comme actif de réserve. Son expérience constitue déjà un argument avant même toute prise de parole.
De BlackRock à une trésorerie Ethereum de 1,3 milliard $
SharpLink, société cotée en bourse, a opéré un virage vers une stratégie de trésorerie Ethereum. Sa trésorerie reflète ainsi la thèse de Chalom en termes d’allocation. L’entreprise détient plus de 1,3 milliard de dollars en ETH et le place quasiment en totalité en staking, générant ainsi un rendement natif.
Le conseil d’administration de SharpLink est un signal en soi : Joseph Lubin, co-fondateur d’Ethereum et de Consensys, en fait partie. Quand le créateur du réseau siège à la gouvernance d’une société qui utilise la crypto native comme réserve, la démarche ne relève pas d’un simple « test marketing ». Il s’agit d’un positionnement affirmé sur l’ETH comme argent d’entreprise productif.
Chalom exprime sa position sans détour, ce qui est rare dans l’institutionnel où la réserve domine souvent. Il a quitté l’entreprise qui détient le plus grand ETF Bitcoin du monde, tout en soutenant que les flux de trésorerie devraient préférer Ethereum. Cela mérite de s’y attarder.
Pourquoi privilégier l’ETH face au BTC comme actif de trésorerie ?
L’argument de Chalom repose sur trois points qui se renforcent mutuellement :
L’ETH est un actif productif, contrairement au Bitcoin. L’ETH peut être staké pour générer un rendement natif d’environ 3 % par an. Une trésorerie qui stake ses avoirs obtient donc un revenu sur sa réserve. Le Bitcoin n’a pas d’équivalent : il reste en portefeuille en attendant une évolution du prix. Pour un trésorier d’entreprise habitué à des réserves rapportant un revenu, un actif rémunérateur se distingue fortement d’un actif passif.
L’ETH est la couche de règlement des tokenisations. Les stablecoins, les obligations tokenisées et l’essentiel de la DeFi s’appuient sur Ethereum. Détenir de l’ETH revient à posséder une part de l’infrastructure sur laquelle reposent ces usages institutionnels. Si les stablecoins et actifs réels poursuivent leur migration on-chain, la demande pour l’espace de bloc rejaillit sur le token qui l’assure.
Le staking et les trésoreries réduisent le flottant liquide. À mesure que l’ETH est bloqué dans des contrats de staking et des réserves d’entreprise, l’offre liquide diminue. Cette dynamique d’offre n’existe pas de la même manière pour le BTC, dont la rareté provient d’un plafond fixe plus que du retrait d’actifs de la circulation. Un flottant qui se réduit alors que la demande reste stable ou croît est une situation recherchée pour un détenteur.
Additionnés, ces points forment une thèse cohérente : l’ETH génère un rendement, occupe une position centrale dans l’économie de la tokenisation et voit son offre négociable se resserrer avec le staking.
Les contre-arguments en faveur du Bitcoin
Les partisans du BTC comme actif de trésorerie ne considèrent pas que Chalom se trompe par ignorance : ils estiment qu’il sacrifie justement les caractéristiques qui rendent un actif de réserve pertinent.
Leur argument principal : le Bitcoin serait supérieur en trésorerie précisément parce qu’il est plus simple. Il ne génère pas de rendement, mais n’expose pas non plus aux risques de staking, de slashing ou de smart contract. Sa politique monétaire est fixe et neutre, ce qui rassure un trésorier souhaitant laisser l’actif intact pendant des années. Cet argument se retrouve dans le modèle de réserve institutionnelle du BTC, où la simplicité et l’absence d’action sont perçues comme des vertus.
La notion « d’actif productif » comporte deux faces. Le rendement de 3 % offert par le staking ETH est réel mais s’accompagne de complexité technique, d’opérations de validation et de questionnements réglementaires. Chaque point de rendement implique une prise de risque supplémentaire qu’une détention de BTC n’exige pas. L’offre d’ETH n’est par ailleurs pas fixe, ce qui altère une partie du récit de rareté propre au Bitcoin.
Le choix réel consiste donc en un compromis, non une vérité absolue. Le trésorier devra arbitrer entre la simplicité et la stabilité du BTC, et la productivité et l’exposition à l’écosystème de l’ETH. Les deux approches se défendent selon la pondération de ces critères.
Pourquoi ce débat intéresse les traders actuellement
Ce sujet n’est plus théorique : la demande de trésorerie institutionnelle est devenue une source tangible et récurrente d’achat de BTC et d’ETH. Cette répartition se traduit désormais dans les flux de capitaux réels.
Chalom défend ardemment l’idée que ces flux devraient s’orienter vers Ethereum, et il le fait depuis une position très crédible. Si sa thèse séduit davantage d’acteurs, plus de capital de trésorerie sera alloué à l’ETH, le staking continuera de réduire le flottant et la dynamique de valeur relative entre les deux actifs évoluera. Dans le cas contraire, le BTC conservera sa place de réserve par défaut, avec l’ETH vu comme une alternative plus risquée mais plus flexible.
Comprendre les deux points de vue permet d’analyser le ratio ETH/BTC avec discernement, plutôt que sur une simple affiliation. Pas besoin d’adhérer à la position de Chalom pour tirer parti de ses arguments : il suffit de savoir identifier quand le marché commence à les intégrer dans les prix.
Foire aux questions
Qui est Joseph Chalom ?
Joseph Chalom est le co-CEO de SharpLink, société de trésorerie Ethereum, nommé en juillet 2025 après vingt ans chez BlackRock où il a contribué à la création d’IBIT, d’ETHA et de BUIDL.
Pourquoi Chalom préfère-t-il l’ETH au BTC pour une trésorerie d’entreprise ?
Il considère que l’ETH est un actif productif, générant environ 3 % de rendement annuel par le staking, qu’il sert de couche d’infrastructure pour les stablecoins et actifs tokenisés, et que staking et trésorerie réduisent son offre liquide. Selon lui, le BTC reste passif en portefeuille.
L’Ethereum est-il vraiment un meilleur actif de trésorerie que le Bitcoin ?
Il n’existe pas de réponse définitive. L’ETH offre du rendement et une exposition à l’écosystème mais implique des risques de staking, de smart contract et de cadre réglementaire. Le BTC propose une offre fixe et une grande simplicité, sans rendement. Les trésoriers avisés arbitrent selon leurs priorités.
Quelle quantité d’ETH détient SharpLink ?
SharpLink détient plus de 1,3 milliard de dollars en ETH, presque entièrement mis en staking. Joseph Lubin, co-fondateur d’Ethereum, siège au conseil, preuve d’une stratégie délibérée.
En résumé
Chalom incarne l’argument institutionnel en faveur de l’ETH comme monnaie d’entreprise, ayant lui-même participé à l’émergence de la crypto auprès des institutionnels. Sa thèse articulée autour du rendement, de l’utilité infrastructurelle et de l’offre restreinte mérite d’être considérée. Les partisans du BTC défendent de leur côté la simplicité et la rareté.
Il est pertinent de surveiller les flux de trésorerie et le staking d’ETH dans les prochains trimestres : la dynamique réelle dépendra des arbitrages opérés. Les acteurs capables d’analyser les deux positions sauront anticiper une éventuelle rotation avant qu’elle n’apparaisse clairement sur les marchés.
Cet article est fourni à titre d’information uniquement et ne constitue pas un conseil financier ou d’investissement. Le trading de cryptomonnaies comporte des risques importants. Veuillez toujours effectuer vos propres recherches avant toute décision.
