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Guide : Impact de l’accord Iran-Oman sur le pétrole et le Bitcoin

Points clés

Découvrez comment l’accord Iran-Oman sur le détroit d’Hormuz pourrait impacter les prix Brent et sécurisez vos investissements dès maintenant !
 
L'Iran et Oman sont parvenus, mercredi 5 août, à un accord sur les coordonnées d'une nouvelle route maritime traversant le détroit d'Hormuz, cette étroite voie navigable située entre les deux pays, par laquelle transite environ un cinquième du pétrole mondial transporté par mer et dont les moindres actualités impactent instantanément le Brent. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, a indiqué qu'un communiqué conjoint Téhéran-Mascate était en phase de finalisation. Le schéma retenu correspond à ce qui était pressenti depuis plusieurs semaines : le trafic entrant et nord sera dirigé par les eaux iraniennes, le trafic sortant et sud par les eaux omanaises, aucune taxe de passage, une période intérimaire de 60 jours et une gestion conjointe par les deux États.
 
Mais cela ne signifie pas que le détroit a rouvert. Le ministère iranien des Affaires étrangères a clairement stipulé que la reprise du trafic ne se fera que lorsque les États-Unis mettront fin à leur blocus naval et cesseront les attaques contre les infrastructures iraniennes, condition autrement plus exigeante qu'un simple accord cartographique. C'est cette distinction qui explique la réaction coordonnée du marché pétrolier, des rendements obligataires américains et du Bitcoin face à cette information, et c'est le fil conducteur de cette analyse à travers les données du mercredi, le recul des probabilités de hausse de la Fed, et l'état actuel du BTC et de l'ETH.
 
 

Ce sur quoi l'Iran et Oman se sont réellement accordés concernant la route d'Hormuz

 
L'accord en lui-même est plus circonscrit que ne le suggèrent de nombreux titres de presse. Le principe retenu depuis plusieurs semaines était déjà celui d'une voie maritime à double sens, sans péage et cogérée, et la nouveauté de mercredi tient à la validation des coordonnées, non à une évolution du fond de l'accord. Le titre de Bloomberg résumait ainsi l'information : l'Iran annonce avoir validé un accord sur la route du détroit avec Oman, une version reprise également par le Washington Times et Al Jazeera le même jour.
 
Ce qui n’a pas eu lieu mercredi, c’est une confirmation du passage effectif de navires selon ce nouveau dispositif, ni la publication officielle du communiqué conjoint. Selon Baghaei lui-même, la formule « phase finale de rédaction » renvoie à des démarches administratives, pas à la mise en œuvre concrète.
 

Pourquoi le détroit d'Hormuz n'a toujours pas rouvert

 
C’est là l'aspect le plus réduit – et souvent mal compris – de l’actualité. Le ministère iranien des Affaires étrangères l’a explicitement déclaré : un accord avec Oman ne garantit pas à lui seul la sécurité des navires, car les causes profondes de l’insécurité – principalement le blocus naval américain et les frappes signalées contre des infrastructures iraniennes – persistent. La réouverture suppose donc la levée du blocus et la cessation des attaques par Washington, ce qui n’est toujours pas le cas.
 
Ce cadrage importe sur l’interprétation à donner à la dynamique pétrolière actuelle. L’accord sur la délimitation de la route est réel et vérifiable, et justifie une réduction du risque de fermeture totale. Mais ce n’est pas une réouverture effective, et le présenter comme tel exagère le mouvement constaté sur le terrain. Le risque géopolitique immédiat recule, mais le risque opérationnel subsiste, ce que reflète précisément l'évolution des cours du Brent.
 

Cours du Brent et du WTI après deux séances chahutées

 
Le Brent a clôturé mercredi 5 août autour de 79,15 à 79,26 $ le baril (TradingEconomics), soit une stabilisation voire un léger repli après deux séances consécutives en baisse d’environ 5 % suite à la progression des discussions autour de la route. Ma propre extraction en direct, à 03h32 UTC le 6 août (TradingEconomics), situe le Brent à 79,36 $, en recul de 0,12 % sur la session.
 
Un détail mérite d’être signalé. La couverture du mardi indiquait un règlement du Brent autour de 78,87 $, alors que la stabilisation évoquée mercredi implique une base mardi plus proche de 79,30 à 79,40 $ ; un écart d’environ 0,50 $/baril probablement dû à la différence front month futures/spot continuous, et non une erreur de rapport. Aucune base exacte n’a été confirmée : chaque chiffre ici est donc indexé à sa propre source et date, sans reconstitution d’une seule ligne continue. Pour le WTI, sans donnée mercredi plus tôt, le contrat affichait 75,12 $ le baril à la même extraction (03h32 UTC), en baisse de 0,13 %.
 
 

Wall Street : le Dow au sommet, le Nasdaq en baisse — scénario partagé

 
Wall Street s’est partagé mercredi, et ce clivage constitue l’essentiel de l’actualité boursière du jour, au-delà de l’aspect directionnel. Le Dow Jones Industrial Average a clôturé à 54 349,12, en hausse de 0,49 % et enregistre ainsi un nouveau record historique, le second en trois séances après le 54 085,88 de mardi. Le S&P 500 recule à 7 723,55 (-0,17 %), malgré un plus haut intraday historique en début de séance qui met fin à une série de quatre hausses. Le Nasdaq Composite accuse un repli plus marqué, à 26 363,44 (-0,83 %). Les taux à 10 ans se situent à 4,62 % et les 30 ans à 5,17 %, légèrement en dessous de leurs plus hauts depuis 2007 observés fin juillet (Yahoo Finance, CNBC, Washington Post, 5 août).
 
Un Dow record et un Nasdaq en repli, le tout le même jour, prend sens à la lumière des chiffres publiés. ADP annonce une croissance des emplois privés de 44 000 en juillet, très en deçà du consensus (65 000 à 68 000) et au plus bas depuis le début d’année, même si le chiffre de juin a été révisé à la hausse (95 000). L’ISM Services PMI ressort à 54,1 % pour juillet (attendu 54,5), soit la 25e expansion mensuelle consécutive. Ces données modestes renforcent la thèse d’une Fed sur pause plutôt qu’en phase de hausse, ce qui favorise les valeurs sensibles aux taux et classiques du Dow au détriment des valeurs de croissance déjà très appréciées du Nasdaq, qui prend une pause. Le marché actions ne suit donc pas une seule dynamique, mais au moins deux en parallèle.
 

Les anticipations de hausse de la Fed s'effritent encore

 
La page directe Polymarket, consultée pour cette session au 6 août, attribue 45 % de probabilité à une hausse de 25 points de base contre 55 % à un statu quo, la somme des scénarios de baisse avoisinant 2 à 3 %. C’est la troisième séance consécutive où la probabilité de hausse recule. On relevait 56,5 % le 3 août, puis 49 % de hausse vs 50 % de maintien vers 03h31 UTC le 5 août, et désormais 45 % contre 55 %. Sous la présidence de Kevin Warsh à la Fed, la tendance à la hausse a ainsi perdu son avance sur trois séances de suite.
 
Un autre indicateur, plus ancien, livre une autre lecture. Les anticipations intégrées dans les contrats à terme, relayées via CryptoBriefing, attribuent environ 32 % de chance de hausse, soit bien moins que les 45 % de Polymarket. Il ne faut jamais moyenner ces deux chiffres : ils reflètent chacun des flux de capitaux différents, évoluant selon des horizons différents. Les desks futures réagissent principalement aux publications officielles, tandis que le carnet d’ordres de Polymarket absorbe l’actualité, tel l’accord Hormuz ou un rapport ADP faible, quasi en temps réel. Lorsque les écarts sont aussi prononcés, c’est qu’un des marchés a intégré – ou anticipé – une information qui n’a pas encore atteint l’autre. Comprendre comment le cycle monétaire de la Fed a historiquement impacté Bitcoin aide à lire cet écart.
 
Deux autres chiffres clés sont attendus avant la fin de semaine. Les inscriptions hebdomadaires au chômage paraissent aujourd’hui à 8h30 ET, consensus autour de 203 000 contre 197 000 la semaine précédente, et les allocations chômage continues attendues à 1 790 000 vs 1 782 000 auparavant (TradingEconomics, Investing.com calendar). Vendredi 7 août, le rapport sur l’emploi de juillet tombera à la même heure, consensus à +120 000 créations en tout, dont +110 000 dans le privé, et un taux de chômage attendu à 4,3 % (contre 4,2 % auparavant, source Continuum). Ce rapport n’est pas encore publié. Un chiffre circulant de +73 000 créations pour un consensus à 104 000 et -258 000 révisions concerne en réalité août 2025, non ce vendredi. Toute apparition prématurée de cette statistique est donc caduque.
 
Tout cela s’inscrit également dans l’échéance parlementaire américaine : le chef de la majorité, Thune, n’a pas enclenché la procédure de clôture mercredi sur la loi CLARITY, et les Démocrates comptent la bloquer pour des questions d’éthique non résolues. Résultat : vendredi 7 août demeure le dernier jour ouvré officiel avant la pause estivale (pour le détail voir notre papier CLARITY du jour, ainsi qu’un guide sur l’importance de ce calendrier).
 

Comment Bitcoin et Ether réagissent à ce contexte

 
Au 03h32 UTC le 6 août (CoinGecko), le Bitcoin cote 64 477 $, en progression de 0,7 % sur 24h, proche mais distinct des précédents 64 497 $ (+0,23 %) observés plus tôt. Aucun de ces extraits ne valide de manière claire la cassure des 64 300 $ sur quatre heures relevée par certains graphes. Selon les sources, la zone de clôture oscille de 64 167 $ à 64 808 $ sans franche confirmation sur UTC, et le BTC semble donc évoluer dans un range serré plutôt que franchir un nouveau seuil technique.
 
L'Ether s'établit à 1 895 $ sur la même extraction, en hausse de 1,7 % sur 24h, sans avoir clôturé au-dessus de 1 900 $ pour le moment. La session de mercredi s'est ouverte à 1 868,36 $ et a atteint 1 880,89 $ à 8h29 ET sans dépasser cette zone (Yahoo Finance). Les deux actifs réagissent davantage à la glissade des anticipations Fed qu’au dossier pétrole lui-même, ce qui rejoint les observations sur le comportement du Bitcoin autour des décisions de la Fed. Le risque Hormuz se répercute d’abord sur les anticipations d’inflation et les taux souverains, avant d’atteindre la crypto, et la dynamique des flux Bitcoin ETF dans ce type de contexte offre bien souvent un baromètre plus fiable que le seul prix du WTI ou du Brent.
 
À cette toile de fond s’ajoute la volatilité des publications d’entreprises de mercredi. SanDisk et Western Digital ont dépassé les attentes mais ont tout de même chuté sous l'effet de perspectives prudentes (décryptées dans nos papiers du jour), tandis que le titre SpaceX cède 13,61 % à l'ouverture de sa fenêtre de cession d’initiés (traité séparément). Ces facteurs n'altèrent pas le tableau macro ci-dessus : ils signifient simplement que la séance est traversée par plusieurs fils narratifs.
 
Le tableau ci-dessous synthétise les deux fils d’actualité – diplomatie sur Hormuz et probabilités Fed – et leurs potentielles ruptures.
 
Scénario
Pétrole (Brent)
Rendements
Bitcoin
Publication du communiqué conjoint et levée effective par les US du blocus naval
Le risque géopolitique se détend, le Brent pourrait revenir vers la zone 75-77 $
Les taux à 10 et 30 ans fléchiraient, l’inflation « conflit » s’estompant
Léger effet « risk-on », les détentes de taux ont historiquement davantage soutenu le BTC que les seules actualités pétrolières
Blocage du communiqué ou maintien du blocus US
Le risque reste élevé ; tout nouvel incident peut annuler en un instant la détente récente
Taux élevés, premium géopolitique non dissipé
Le BTC continuera probablement de réagir aux probabilités Fed plutôt qu’aux seuls titres « Hormuz »
 

Questions fréquentes

 
Le détroit d’Hormuz a-t-il rouvert ?
 
Non. Le 5 août 2026, l’Iran et Oman ont validé les coordonnées d’une route maritime, mais le ministère iranien a bien précisé que la reprise du trafic dépend d’abord de la fin du blocus US et de la cessation des frappes sur son territoire. L’accord sur la route amorce une réouverture, il ne vaut pas reprise effective.
 
Pourquoi le prix du Brent baisse-t-il en 2026 ?
 
Le Brent a chuté d’environ 5 % sur chacune des deux séances précédant mercredi, au fil de l’avancée des négociations sur la route d’Hormuz, les traders réduisant leur prime de risque de guerre. Le cours s’est stabilisé ensuite autour de 79 $ le baril, la variation exacte dépendant de la référence prise (spot ou future).
 
La Fed relèvera-t-elle ses taux en 2026 ?
 
Le pointage direct sur Polymarket du 6 août donne une probabilité de 45 % pour une hausse de 25 points de base contre 55 % pour un statu quo, soit un recul par rapport aux 56,5 % d’il y a trois séances. Le pricing des futures est plus bas, autour de 32 %, l’écart illustrant l’indécision du marché avant le rapport sur l’emploi de vendredi.
 
Comment les actualités pétrolières du Moyen-Orient impactent-elles le prix du Bitcoin ?
 
La transmission se fait par les anticipations d’inflation et les taux US, non directement. Lorsque le risque d’inflation lié au pétrole fait monter les taux, les actifs risqués – dont Bitcoin – souffrent. Lorsque les taux se détendent, Bitcoin respire. Cette transmission se manifeste généralement en quelques jours, pas à la minute sur un seul titre pétrolier.
 

À retenir

 
L’accord sur la route maritime d’Hormuz est une réalité, la réouverture du détroit ne l’est pas : ce distinguo doit guider toute stratégie sur les titres ou classes d’actifs exposés à la zone. Si le communiqué conjoint Téhéran-Mascate paraît et que le blocus est vraiment levé, le Brent pourrait refluer vers 75-77 $, les taux US se détendre, et Bitcoin bénéficier d’un léger vent porteur du fait d’un environnement de taux plus souple, tel que reflété dans les probabilités « hold » de Polymarket. Si le communiqué bloque ou qu’un nouvel incident éclate, le prime de risque Brent perdurera et Bitcoin continuera de réagir d’abord à la Fed. Quoi qu’il advienne, le rapport emploi vendredi à 8h30 ET sera le prochain pivot crucial pour les anticipations Fed comme pour la bande passante boursière. D’ici là, le marché restera plus « headline-driven » que guidé par une tendance lourde.
 
 
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