
Le 4 mai 2026, David Schwartz a révélé avoir détenu personnellement jusqu'à 26 millions de XRP, qu'il a majoritairement échangés contre du Bitcoin entre 2012 et 2020, souvent à des prix proches de 0,10 $. Cette révélation, publiée sur X dans une réponse informelle, a animé la communauté XRP car elle a apporté un éclairage inédit sur la façon dont l’ingénieur en chef considère ses propres avoirs. Co-concepteur du XRP Ledger en 2011, Schwartz a occupé le poste de CTO chez Ripple jusqu'à fin 2025, date à laquelle il est devenu CTO Emeritus et membre du conseil d'administration.
Si les investisseurs analysent encore chacune de ses prises de parole, c'est parce qu'aucun autre cadre de Ripple ne s'exprime publiquement avec un tel mélange d'expertise technique et de franchise. Schwartz remet en question les prédictions de XRP à 10 000 $, qualifie Bitcoin d’« impasse technologique », admet que Ripple aurait dû prioriser plus tôt les smart contracts, et réfute point par point les allégations de centralisation du XRPL. Sa divulgation des 26M de XRP est la première fois qu'il communique un chiffre précis sur son exposition personnelle.
Les débuts et le choix de conception du XRPL
Dans les années 2000, Schwartz travaillait comme cryptographe et ingénieur en systèmes distribués, notamment chez WebMaster Incorporated, sur des solutions de communication chiffrée. Présent depuis longtemps sur les listes Cypherpunk et les forums Bitcoin sous le pseudonyme JoelKatz, il était déjà bien connu de la communauté avant même la création de Ripple.
Dès 2011, il conclut que la preuve de travail n'était pas adaptée à un réseau de paiements. C’est ainsi qu’il co-conçoit le XRP Ledger (XRPL) avec Arthur Britto et Jed McCaleb selon un modèle de consensus de type Federated Byzantine Agreement, où les validateurs utilisent une Unique Node List permettant de valider des transactions en 3 à 5 secondes sans minage. Le compromis est clair : XRPL privilégie la rapidité de règlement, des frais inférieurs au centime, et 100 milliards d’unités préminées transférables via les banques sur le modèle de SWIFT, au détriment de l’approche full décentralisée du consensus Nakamoto. L’explication détaillée du fonctionnement de XRP et Ripple peut être consultée dans cet article.
Schwartz est nommé chief cryptographer chez Ripple en 2011 puis CTO en 2018, supervisant tous les choix techniques majeurs : verrouillage des allocations fondateurs en escrow, processus d’amendment XLS pour les mises à jour du protocole, ou encore le débat sur l’intégration native des smart contracts sur XRPL.
Que signifie réellement CTO Emeritus ?
En octobre 2025, Schwartz annonce son retrait des opérations quotidiennes pour devenir CTO Emeritus et siéger au conseil d’administration. Il conserve ses parts chez Ripple et transmet la direction technique à Dennis Jarosch, alors que Ripple élargit ses activités au-delà du paiement pour inclure la garde, les stablecoins et l’infrastructure bancaire.
Ce changement n'est pas synonyme de retraite : Schwartz reste très présent publiquement, intervenant sur X, animant des podcasts et participant aux discussions de gouvernance du protocole. Son compte X reste ainsi une source principale pour suivre l’actualité technique de Ripple.
Il a expliqué avoir pris du recul pour laisser place à une direction technique à plein temps capable de déployer les axes stratégiques du XRPL pour 2026 : programmabilité, intégration DeFi institutionnelle et tokenisation d’actifs du monde réel. Son rôle s’apparente désormais davantage à celui de scientifique en chef.
Le résumé du plan de développement XRPL 2026 est disponible dans cet article.
L’ingénieur public et la défense de la décentralisation
Très peu de figures techniques majeures dans la cryptosphère partagent autant que Schwartz. Depuis plus de 10 ans, il répond aux utilisateurs XRP sur X (@JoelKatz), rédige des analyses sur Stack Exchange et participe à des podcasts. Son influence et sa transparence donnent du poids à chacune de ses interventions, notamment lorsqu'il s'agit de la question de la centralisation du XRPL.
Un exemple récent est son échange en février 2026 avec Bram Kanstein au sujet de la décentralisation du XRPL. Schwartz rejette l'idée que Ripple contrôle le ledger, expliquant que Ripple ne gère qu’une minorité de validateurs sur la liste par défaut et que tout opérateur peut modifier sa liste à tout moment. Le décryptage complet de sa réponse à la centralisation est disponible ici.
Pour chaque sujet sensible, Schwartz adopte la même méthode : il réfute les affirmations maximalistes par une analyse technique argumentée, ce qui alimente la discussion sur l’évolution du prix rapidement après publication.
Les positions controversées et leur impact
Trois prises de position récentes ont marqué l’année 2026 :
La réfutation du XRP à 10 000 $. Schwartz a publiquement écarté la cible de XRP à 10 000 $ qui circule dans certaines vidéos YouTube. Il avance un raisonnement économique : si même une fraction d’investisseurs rationnels pensaient qu’il y avait 1 % de chance que le XRP atteigne 10 000 $ en 10 ans, le cours actuel serait bien supérieur à 20 $. Il applique la même logique pour les prédictions à 100 $ et 50 $.
La remarque sur Bitcoin comme « impasse technologique ». En février 2026, Schwartz affirme sur X que Bitcoin est « une impasse technologique pour la même raison que le dollar », expliquant que l’adoption massive d’un actif rend la progression technique secondaire par rapport à l’effet réseau.
L’aveu du retard sur les smart contracts. En novembre 2025, Schwartz reconnaît lors d’un X Spaces que Ripple aurait dû accorder plus d’importance aux smart contracts sur XRPL plus tôt. Le lancement du test AlphaNet pour les smart contracts a suivi peu après. Le résumé sur ce sujet est disponible ici.
Ces positions témoignent de sa volonté de défendre des analyses argumentées, qu’elles plaisent ou non à sa communauté, aux détenteurs de Bitcoin ou à son entreprise.
La divulgation des 26 millions de XRP
Le 4 mai 2026, Schwartz précise lors d’un échange sur X qu’il a détenu jusqu’à 26 millions de XRP, revendus par étapes entre 2012 et 2020, souvent autour de 0,10 $, principalement pour réduire son risque de concentration au profit du Bitcoin. Il indique aujourd’hui détenir un solde supérieur à un million de XRP, l’essentiel de sa fortune crypto étant désormais lié à son capital Ripple plutôt qu’aux tokens. Le résumé complet de cette divulgation est accessible ici.
Cette transparence donne au marché un chiffre concret sur son exposition personnelle et explique sa capacité à défendre la technologie XRPL sans se prononcer sur le prix.
Les réactions se sont partagées : certains saluent la cohérence de Schwartz, d’autres questionnent la pertinence d’avoir vendu si tôt. Schwartz explique que la diversification est rationnelle et que vendre tôt compense l’incertitude sur le futur, ce qui reste sa position actuelle.
Quelles perspectives pour Schwartz et le Ledger ?
Deux éléments sont à observer pour 2026-2027 :
Le premier concerne la montée en puissance de la programmabilité XRPL et la concurrence avec Ethereum ou Solana. Les smart contracts AlphaNet sont actuellement en test, et l’équipe semble privilégier un déploiement rapide et itératif plutôt qu’attendre la perfection. L’exposition institutionnelle croissante est également visible dans le guide des ETF XRP et des flux entrants.
Le second est la continuité des prises de parole de Schwartz, qui influencent le marché en temps réel. Il a notamment stoppé la propagation de prédictions automatisées sur le prix du XRP et a contribué à cadrer la discussion autour du vote d’amendement du premier trimestre. Sa capacité à formuler des analyses techniques détaillées continuera de façonner le débat autour de l’écosystème XRP.
Notons également que, contrairement à d’autres fondateurs, sa transition s’est faite sans vente massive de tokens. Il conserve son capital Ripple, son influence via la réputation de validateur XRPL, et son activité sur X. Ainsi, celui qui a conçu le XRPL en 2011 demeure la référence pour la communauté XRP en 2026.
Foire aux questions
David Schwartz est-il toujours CTO de Ripple ?
Non. Depuis fin 2025, il occupe le poste de CTO Emeritus et siège au conseil d'administration. Dennis Jarosch supervise désormais les opérations techniques quotidiennes.
Combien de XRP détient aujourd’hui David Schwartz ?
Il déclare posséder plus d’un million de XRP, loin du pic de 26 millions revendus par vagues de 2012 à 2020. L’essentiel de sa fortune crypto est désormais en actions Ripple.
David Schwartz a-t-il vraiment qualifié Bitcoin « d’impasse technologique » ?
Oui, en février 2026 dans un échange sur X, dans le cadre d’une réflexion sur les effets de réseau. Il n’a pas remis en cause le prix du Bitcoin, mais son évolution technique.
Pourquoi rejette-t-il les prédictions de XRP à 10 000 $ ?
Selon lui, il s’agit d’un problème de probabilité attendue : si de nombreux investisseurs rationnels croyaient à 1 % de réalisation dans 10 ans, le prix actuel serait déjà bien supérieur.
En résumé
Schwartz est l’un des rares fondateurs crypto dont l’influence repose sur ses analyses plutôt que sur ses avoirs. Sa transparence sur les 26 millions de XRP a levé un dernier voile entre lui et la communauté. Trois éléments sont à surveiller sur son compte X : la sortie des smart contracts XRPL en production, ses réponses aux débats sur la centralisation, et d’éventuelles nouvelles révélations sur son portefeuille. Le concepteur du protocole, désormais sans responsabilités opérationnelles, reste une voix de référence pour les acteurs du marché.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil financier ou d’investissement. Le trading de cryptomonnaies comporte des risques importants. Effectuez toujours vos propres recherches avant de prendre des décisions de trading.
