Goldman Sachs a récemment publié son analyse la plus directe sur le Bitcoin depuis plusieurs années. L’analyste James Yaro identifie la fourchette de 69 000 à 71 000 $ comme un possible plancher cyclique dans une note de recherche parue fin mars. Il s’appuie sur une baisse du pic au creux qui approche désormais 90-95 % de la moyenne historique des marchés baissiers précédents. Au 30 mars, le BTC s’échange autour de 67 800 $, soit environ 45 % sous son sommet d’octobre 2025 à 126 000 $. Cette note intervient la même semaine où les ETF Bitcoin au comptant enregistrent leur premier flux net positif de 2026, avec 1,32 milliard de dollars d’entrées en mars après quatre mois consécutifs de rachats.
Il ne s’agit pas d’une simple observation. Goldman détenait 2,05 milliards de dollars d’ETF BTC et ETH au T4 2024 et gère un desk actif sur les dérivés crypto. Lorsque l’équipe de recherche de Goldman publie une estimation de plancher avec des niveaux de prix précis et des avertissements identifiés, les investisseurs institutionnels sont déjà en mesure d’agir.
Ce que dit concrètement l’analyste de Goldman
La thèse de Yaro repose sur trois axes principaux, et leur ordre révèle la manière dont les acteurs institutionnels évaluent un plancher par rapport aux particuliers.
Comparaison des retraits historiques. Yaro note que « l’ampleur du recul du Bitcoin et des cryptoactifs a presque atteint la moyenne historique observée lors des précédentes baisses ». L’équipe de Goldman compare le recul actuel de 45 % aux cycles passés (84 % en 2018, 77 % en 2022) et conclut que la correction actuelle a absorbé la majeure partie du mouvement habituel. La part institutionnelle via les ETF a réduit l’amplitude par rapport aux cycles antérieurs, mais la correction proportionnelle reste comparable.
Renversement des flux ETF. Après 6,3 milliards de dollars de sorties cumulées de novembre 2025 à février 2026, les ETF Bitcoin au comptant ont inversé la tendance en mars avec 1,32 milliard de dollars de flux nets entrants. Le iShares Bitcoin Trust (IBIT) de BlackRock a mené la danse avec 601 millions de dollars sur une seule période. Pour Goldman, il s’agit du signal institutionnel le plus important, car les flux ETF reflètent de véritables décisions d’allocation, contrairement aux positions sur produits dérivés ou à effet de levier.
Épuisement des liquidations. Les ventes forcées par liquidation de marge ont nettement diminué en mars par rapport à janvier-février. Cela compte car les cascades de liquidation font chuter les prix sous leur valeur fondamentale. Lorsque les liquidations se tarissent, la pression mécanique à la vente disparaît et la découverte des prix revient vers les fondamentaux.
La zone des 69 000-71 000 $ et sa signification
Goldman n’a pas publié d’objectif formel pour la fin d’année, et la fourchette de 69 000 à 71 000 $ doit être comprise comme une estimation de plancher, non comme une cible à atteindre. Cette distinction est importante dans l’utilisation de cette information.
Un plancher indique « le risque de baisse serait limité sauf choc extérieur ». Il ne s’agit pas d’une incitation à acheter ou d’une garantie de hausse. Yaro précise que « les prix pourraient avoir atteint un creux, mais les volumes pourraient baisser un peu plus », anticipant une baisse de 2 % du chiffre d’affaires 2026 et de 4 % des profits pour les entreprises exposées à la crypto suivies par son équipe. Il estime que les volumes devraient rebondir sous trois mois en moyenne, ce qui placerait la reprise entre mai et juin si le plancher se confirme.
Concrètement, pour les traders, si le BTC reste au-dessus de 69 000 $ en avril et que les flux ETF restent positifs, la thèse du plancher se confirme. En revanche, si le BTC passe sous 65 000 $ avec des volumes importants et un retour des sorties ETF, l’appel de Goldman serait jugé prématuré.
Comment la vision Goldman se compare aux autres banques
Goldman n’est pas la seule à émettre un avis sur le Bitcoin en ce moment, et l’écart entre les prévisions montre l’incertitude persistante.
| Banque | Objectif fin 2026 | Thèse clé | Dernière mise à jour |
|---|---|---|---|
| Goldman Sachs | Plancher à 69-71 k$ | Retrait cyclique proche de la moyenne historique | Mars 2026 |
| Standard Chartered | 100 000 $ | Reprise portée par les ETF au 2nd semestre | Février 2026 |
| Bernstein | 150 000 $ | L'entrée institutionnelle change la structure | Mars 2026 |
Geoff Kendrick de Standard Chartered a révisé sa cible trois fois en six mois, de 300 000 $ en mi-2025 à 100 000 $ en février 2026 après une série de sorties ETF et la révision des anticipations sur les taux d’intérêt. Bernstein est plus optimiste, estimant que l’arrivée des institutionnels par les ETF modifie structurellement la dynamique du prix du Bitcoin et que 150 000 $ est atteignable si l’appétit pour le risque revient.
L’écart entre l’approche prudente de Goldman et l’objectif de Bernstein à 150 000 $ traduit un désaccord sur la rapidité de retour des capitaux institutionnels. Goldman suggère que « le pire est probablement passé », tandis que Bernstein estime que « le meilleur reste à venir ». Les deux scénarios dépendent d’une accélération des flux ETF au second semestre 2026.
Pourquoi l’avis de Goldman compte ?
Goldman s’intéresse aux cryptoactifs depuis plusieurs années, mais l’ampleur a fortement évolué. La banque a lancé une table de trading crypto en 2021, stoppée brièvement puis relancée avec une offre élargie en 2023. Au 4e trimestre 2024, Goldman détenait 2,05 milliards de dollars en ETF Bitcoin et Ethereum, contre 744 millions un trimestre plus tôt. La banque propose désormais des options cash-settled sur BTC/ETH, des futures CME et des produits structurés.
Le rapport Family Office 2025 de Goldman montrait que 33 % des bureaux familiaux investissaient dans les actifs numériques, contre 26 % en 2023. Lorsque Yaro publie une analyse de plancher, il ne s’adresse pas au grand public mais aux allocateurs institutionnels, leur donnant un cadre pour réallouer après les sorties récentes. Une validation par une grande banque permet aux départements conformité de réviser leurs notes d’allocation.
Ce qui pourrait invalider l’analyse Goldman
Yaro liste explicitement ses réserves, à prendre au sérieux.
Le conflit en Iran reste le principal risque externe. Les prix élevés de l’énergie entretiennent l’inflation et retardent une baisse des taux de la Fed, ce qui pèse sur l’appétit pour le risque. Une escalade du conflit pourrait pousser le Bitcoin sous le plancher de 69 000 $, indépendamment des flux ETF.
Deuxième point de vigilance : les volumes. Si les entrées ETF de mars ont atteint 1,32 milliard, la dernière semaine du mois a vu 296 millions de sorties, dont 202 millions sur IBIT le 27 mars. Cette inversion en fin de mois montre que la tendance reste fragile. Goldman note que les phases de faible volume durent en général trois mois. Si les volumes ne se redressent pas d’ici juin, l’analyse du plancher perd son principal point d’appui.
Enfin, la Fed : les marchés anticipent une détente monétaire au second semestre 2026, avec une probabilité supérieure à 60 % de maintien des taux jusque juillet. Si l’inflation repart, la situation macroéconomique serait moins favorable que prévu par le modèle de Goldman.
Ce que « proche d’un plancher » signifie pour votre trading
L’appel de Goldman est probabiliste, non prescriptif. Les modèles suggèrent que le rapport risque/rendement s’est amélioré à ces niveaux, sans garantir que le prix ne descendra pas plus bas. Trois scénarios clés :
BTC reste au-dessus de 69 000 $ et les flux ETF restent positifs en avril. La thèse de Goldman se confirme. Historiquement, la reprise se produit en 3 à 6 mois à partir du creux, ce qui rejoint la vision plus optimiste de Bernstein pour le second semestre.
BTC évolue entre 65 000 et 71 000 $ avec des flux ETF mixtes. C’est le scénario de « creux de volume » identifié par Goldman, où le marché n’est ni baissier ni prêt à repartir. La patience prévaut.
BTC passe sous 65 000 $ sur des volumes importants avec retour des sorties ETF. Le plancher de Goldman serait invalidé. Le support suivant se situe entre 59 000 et 60 000 $, niveau du creux de janvier 2026. C’est là où la gestion du risque devient cruciale.
Foire aux questions
Goldman Sachs a-t-il indiqué que le Bitcoin a touché son plancher ?
James Yaro parle de « proximité d’un plancher », pas d’un creux certain. Sa note situe la zone de 69 000 à 71 000 $ comme un creux probable d’après les cycles historiques et les flux ETF, tout en soulignant que les volumes pourraient encore décliner avant la reprise.
Quel objectif de prix pour 2026 ?
Goldman n’a pas fixé de cible formelle pour la fin d’année. Les 69 000-71 000 $ correspondent à une estimation de plancher, c’est-à-dire que la baisse potentielle paraît limitée sauf choc extérieur. Pour comparaison : Standard Chartered vise 100 000 $ et Bernstein 150 000 $ d’ici fin 2026.
Pourquoi l’avis de Goldman compte plus que d’autres ?
Goldman gère un desk crypto actif, détenait plus de 2 milliards de dollars d’ETF BTC/ETH fin 2024, et sert une clientèle institutionnelle mondiale. Lorsqu’une équipe de recherche de la banque publie son analyse, cela peut servir de signal d’allocation pour les institutionnels soumis à des contraintes de conformité.
Est-il « sûr » d’acheter du Bitcoin à 67 000 $ ?
Aucun investissement n’est sans risque, et la note de Goldman n’est pas une recommandation d’achat pour les particuliers. L’analyse souligne que le rapport risque/rendement s’est amélioré, mais le conflit iranien, le contexte Fed, et la faiblesse des volumes sont autant de risques pouvant entraîner une baisse supplémentaire.
À retenir
L’analyse de Goldman offre un cadre aux investisseurs institutionnels, et la zone des 69 000-71 000 $ devient le plancher clé à surveiller sur le marché crypto. Le renversement des flux ETF en mars est le signal le plus fort, mais le recul des volumes et la reprise des sorties en fin de mois indiquent que la thèse doit encore être confirmée. Deux éléments à surveiller : la poursuite de flux ETF positifs en avril, ce qui validerait le scénario du retour institutionnel, et le maintien du BTC au-dessus de 69 000 $, qui conforterait la comparaison historique de Goldman. Si les deux conditions sont réunies, la probabilité d’une reprise au deuxième trimestre augmente. Sinon, la zone de support des 59 000-60 000 $ deviendra la référence.
Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil financier ou d’investissement. Le trading de cryptoactifs comporte des risques importants. Il est recommandé de vous informer et d’évaluer votre situation avant toute décision de trading.






